Dans notre entourage proche comme au bureau, il est fréquent d’entendre la question : « Et toi, t’es plutôt du soir ou du matin ? Un lève-tôt ou un lève-tard ? ».

S’il est facile, pour la quasi totalité d’entre nous, de répondre à la question, bien moins nombreux seront ceux capables de se l’expliquer, encore moins d’actionner les leviers permettant de faire de cet état de fait un avantage. En d’autres termes : devriez-vous plutôt mettre les bouchées doubles le matin ou le soir ? Venir au bureau aux aurores ou faire des heures sup’ à la nuit tombée ? Choisir un emploi de jour ou de nuit ? Et comment augmenter sa propre efficacité au travail ?

Le b.a.-ba de l’efficacité au travail : l’horloge interne, c’est quoi ?

La réponse à la question « Es-tu du matin ou du soir ? » se situe du côté de notre horloge interne. Votre horloge, c’est en fait votre rythme circadien (du latin circa, environ, et dies, jour) : il contrôle votre cycle éveil/sommeil, votre température corporelle, votre rythme cardiaque, votre pression sanguine, votre sécrétion d’hormones, etc.

Le rythme circadien est en phase avec le cycle de rotation de la Terre –du moins est-il supposé l’être. Pour fonctionner correctement et se resynchroniser en permanence sur 24 heures, il se sert de signaux comme l’alimentation, l’exercice, la température extérieure, ou encore la lumière.

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Explication : nous n’avons pas tous la même horloge !

  • Le type classique : ni lève-tôt, ni lève-tard

La plupart des gens sont de type « classique ». Chaque matin, ils se synchronisent naturellement sur ce rythme de 24 heures. Ils ne sont donc ni particulièrement lève-tôt, ni particulièrement lève-tard, s’adaptant avec souplesse à leur environnement, dès lors que leur quota de sommeil est atteint. Consécutivement, leur efficacité au travail est plus rarement menacée pour des raisons d’horloge interne.

A noter que le nombre d’heures de sommeil, lui aussi propre à chacun, n’a pas nécessairement de lien avec notre rythme circadien : deux personnes peuvent avoir une horloge interne calquée sur le même rythme de 24 heures, mais un besoin en récupération par nuit différent !

  • Le cas spécifique : avance ou retard de phase

Et puis, il y a les autres :

  1. Les vrais « lève-tôt », ainsi nommés dans notre jargon de non-initiés, possèdent une horloge biologique qui tourne plus vite que les autres. Ils sont dit en « avance de phase », s’endormant souvent tôt, par exemple vers 21 heures (mais pas forcément, tout dépend de leurs besoins de sommeil), et se réveillant accordément vers 4 ou 5 heures du matin. Ce phénomène s’observe davantage chez les personnes âgées, mais il peut aussi s’observer chez les sujets jeunes.
  1. Quant à ceux que nous nommons « lève-tard », c’est l’inverse : leur cycle est plus lent, jusqu’à 25 heures, soit un « retard de phase » : chaque matin, se synchroniser avec la rotation terrestre leur demande un effort qui ne leur est pas inné. Ces personnes sont enclines à se décaler, s’endormant toujours plus tard, au milieu de la nuit, et s’éveillant spontanément en fin de matinée. Ce syndrome émerge souvent après la puberté et il est relativement fréquent chez les adolescents et les jeunes adultes. Il a tendance à disparaître ensuite, mais peut perdurer.

Réponse : êtes-vous plutôt du matin ou du soir ?

Businessman Late for Work. Angry Boss Screaming in Megaphone. Man Hurry to Work. Vector illustration

  • Une réponse à portée d’oreiller

Pour savoir si vous êtes plutôt du soir, fiez-vous à votre propre intuition. Si vous avez du mal à arriver le matin à votre vitesse de croisière, que vous questionnez souvent votre efficacité au travail, et que vous êtes encore plein d’énergie le soir, alors vous avez la réponse. Ne cherchez pas non plus à rentrer dans une case ! L’originalité, dans ce cas précis, n’est pas récompensé, et il vaudrait peut-être mieux pour vous que vous soyez de type classique, tout simplement.

  • Attention quand même aux troubles de sommeil

Ne confondez pas vos difficultés à vous lever avec d’autres troubles du sommeil, telle que les insomnies récurrentes, ou encore l’inertie du sommeil. Voici une liste des différents troubles que vous pouvez rencontrez, sans lien obligatoire avec votre horloge biologique.

Rythme biologique : faut-il se faire violence ?

Tout se passe de manière inconsciente : pour les lève-tôt, la température corporelle et la pression sanguine montent déjà avant que nous nous réveillions, afin de nous préparer à l’activité. C’est pour cette raison qu’une personne du matin va tout de suite se sentir en forme et qu’une du soir devra seulement entamer son processus corporel lorsque le réveil sonne. A grand peine.

Pour résumer, l’horloge est dans vos gênes, pour ne pas dire dans votre ventre, et il n’est pas conseillé d’essayer de la modifier : en effet, un trouble du rythme circadien peut, outre votre efficacité au travail, avoir des conséquences plus graves, convoquant anxiété, dépression, troubles alimentaires, voire… le cancer ! Vous pouvez en lire davantage à ce lien.

Mon métier est-il adapté à mon horloge interne ?

  • Les lève-tôt au sommet de la hiérarchie ?

L’adage selon lequel « l’avenir sourit aux lève-tôt » n’est pas qu’un mythe. Il a été prouvé que les postes à haute responsabilité étaient plus facilement occupés par des « lève-tôt » : Plus on monte dans la hiérarchie, plus le manager se doit d’arriver avant ses troupes, semble-t-il. Tim Cook, le CEO d’Apple par exemple, envoie ses mails professionnels à 4h30 du matin. Ensuite, il entame son programme de fitness. Quant à l’ex-président Georges Bush, il se levait à 5 heures du matin et se couchait à 10 heures du soir.

D’autre part, et bien que notre rythme de vie ne soit plus depuis longtemps axé sur le lever et le coucher du soleil, cet adage nous rappelle à quel point nombre de structures –entreprises, écoles– possèdent un régime axé sur le début de journée. Salariés comme écoliers sont souvent en poste dès 8H30.

  • Les lève-tard aux métiers de la création ?

C’est vrai, à en croire les chiffres, les gens du soir choisissent –parfois inconsciemment, encore un tour de cette sacrée horloge !– des métiers aux horaires plus flexibles. Artistes, acteurs, monde de la publicité ou de la télévision… ces personnes-là ont davantage de liberté quant au choix du lieu et de l’horaire des prestations.

 

Lève-tard : et si l’on ne peut (veut) pas changer de métier ?

Si, malgré tout, se mettre au diapason avec son horloge biologique ne peut faire partie de vos nouvelles bonnes résolutions, sachez qu’il existe moult astuces afin d’en déjouer les mauvais côtés, et, ainsi, maximiser son efficacité au travail. La liste est non exhaustive et fait appel au bon sens :

  • Imposez-vous des horaires de sommeil et de réveil réguliers,
  • Le soir, proscrivez la fameuse lumière bleue produite par vos écrans.
  • Le matin, laissez vos rideaux ouverts et offrez-vous un réveil en douceur avec la lumière du jour
  • Déposez un verre à côté de votre lit et buvez-le dès votre réveil, ou bien prenez une douche matinale pour déclencher le processus de mise en route.
  • Dans la journée, identifiez vos périodes de productivité et de relâchement naturel, cela vous aidera.
  • … nous vous laissons compléter la liste avec d’autres astuces que vous avez sans doute déjà trouvées et appliquées

Pour conclure, ne travaillez pas trop ! En effet, une étude de 2010 montre que travailler trop pourrait un jour vous tuer.

Plus sérieusement, vous comprenez désormais que votre horloge possède ses spécificités, qui ne sont pas celles de votre voisin, et en appréhender les mécanismes vous permet de mieux maîtriser vos capacités de concentration et d’action, tout au long de la journée. Plus largement, d’influer sur votre efficacité au travail. Le fameux « connais-toi toi-même » de Socrate.