Indomptable, irrévérencieuse, consumériste, narcissique, zappeur ou encore bombe à retardement… la génération Z au travail n’a pas l’intention de se satisfaire du marché du travail actuel. Pour cette nouvelle génération mutante à qui on a attribué la lettre « Z », il va falloir revoir notre management, nos outils de travail mais aussi nos bureaux !

Le profil de la génération Z au travail

Ils sont nés dans les années 90, ils ont entre 16 et 25 ans et ils arrivent massivement sur le marché du travail. Comment les définir ? Déjà, ils sont nés en même temps que l’arrivée d’Internet : c’est donc eux la véritable génération des « Digital Natives ». Ils sont nés devant un ordinateur et ont pour conséquent un cerveau qui fonctionne différemment du nôtre : adapté aux écrans, leur cerveau est constitué d’un véritable TGV cérébral qui relie leur oeil à leurs doigts et qui leur permet une grande rapidité d’exécution. En organisation, ils ont un goût pour le collectif, loin de l’hyper-individualisme des milleniums de la génération Y. Et sur le plan humain, ils sont plutôt fidèles, impliqués et intègres. Par contre, ils vont donner du fil à retordre aux managers en renforçant ces traits de caractères que l’on voyait déjà apparaître chez la génération Y et notamment ce fameux rejet de l’autorité verticale et ce besoin d’autonomie.

Le rapport de la génération Z à la technologie

Top view of students studying at the main hall university

La génération Z a grandi avec la technologie, et cela commence quasiment dès la naissance. L’âge moyen auquel un enfant développe une présence en ligne aujourd’hui est de 6 mois (grâce aux parents). Plus effrayant encore : connaissez-vous la moyenne de sms envoyés par un adolescent aujourd’hui ? Une étude Nielsen l’a évaluée tout récemment à 3339 sms par mois ! Cela fait en moyenne 6 sms envoyés par heure, toutes les heures éveillées. Le web est pour la génération Z à la fois l’endroit où ils socialisent, jouent, font leurs achats, partent à la découverte du monde, mais aussi apprennent. Internet est donc une extension d’eux-même et ils vont percevoir tout matériel technologique désuet qui leur ralentirait l’accès à l’information comme une amputation d’eux-même. La génération Z s’attend à un ordinateur et un smartphone dernier cri… Si vous leur proposez de travailler sur Windows XP avec un ordinateur qui a plus de 10 ans, vous avez 99% de chances de les voir s’enfuir en courant.

Oubliez la séparation vie privée / vie professionnelle

 « Quoi, Facebook est interdit au travail ? » N’imaginez même pas interdire l’accès aux réseaux sociaux à la génération Z, ils vont d’abord se moquer de vous à gorge déployée et puis partir en courant. Car pour eux, il est autant nécessaire de pouvoir gérer leur vie personnelle sur le lieu de travail que de pouvoir consulter et de répondre à leurs emails professionnels à la maison. Pour cette génération, il n’y a plus de frontières et ils peuvent sauter du pro au perso en un clin d’oeil en fonction des besoins. C’est surtout le découpage classique du temps de travail qui leur impose une norme trop stricte qu’ils ne supportent plus… C’est le début de la fin des horaires de bureau classiques…

Vous avez 8 secondes pour les briefer… pas une de plus !

Les dernières études sur le sujet laissent à penser que vous avez le droit à 8 secondes d’attention quand vous communiquez à la génération Z. Les enfants de la génération Z ont été nourris à des flux gigantesques d’information en provenance d’Internet dès leur plus jeune âge avec pour seule limite le temps qu’ils pouvaient donner à cette information ; en bref leur attention. Ils ont donc très rapidement appris à gérer cette ressource rare. En un mot, à travers la gestion de leur attention, ils optimisent leur temps, leur énergie et donc leur productivité. Ce n’est pas eux qui ont un problème d’attention, c’est plutôt vous qui gaspillez vos ressources en temps en ne sachant pas être court et concis.

Ils cliquent plus vite que leur ombre

Une chose appréciable chez cette génération, c’est bien sa rapidité d’exécution. Alors que les neurologues distinguent 3 systèmes dans nos cerveaux : une premier, rapide et intuitif, un deuxième plus réfléchi et logique et un 3ème qui fait l’arbitrage entre les deux, la génération Z a clairement développé son cerveau n°1. La conséquence ? Peut-être une certaine difficulté pour leurs managers à venir le rythme. Mais ce qui peut manquer à la génération Z, c’est justement ce temps réfléchi. A vous managers de savoir les ralentir au moment opportun pour leur permettre de prendre la distance nécessaire.

Quelle culture d’entreprise pour la génération Z au travail ?

Attention, la génération Z se méfie du monde de l’entreprise qu’ils imaginent génératrice de stress, avec une mauvaise ambiance et des managers dont la seule tâche est de « mettre la pression ». Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que 53 % d’entre eux préfèreraient se lancer dans l’entrepreneuriat plutôt que d’évoluer en tant que salarié dans une entreprise. Vous allez devoir revoir votre culture d’entreprise pour les attirer. Ce qui va faire la différence pour eux ? Ils vont d’abord choisir les entreprises funs (25 %), innovantes (23 %), éthiques (22 %) et internationales (20 %) ! Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Comment les manager ?

La génération Z au travail et son rapport à la hiérarchie

Le principal problème de la génération Z, c’est bien leur rapport compliqué au management. Ils ne supportent pas la hiérarchie et le travail trop encadré. Fini l’organisation verticale à la papa pour cette génération, vous allez devoir opter pour une organisation de vos ressources plus horizontale. Leur défiance à l’autorité n’est pas absolue, mais ils ne vont pas vous respecter uniquement du fait de votre diplôme, de votre supériorité hiérarchique ou de votre ancienneté dans l’entreprise. La génération Z va respecter d’abord la capacité d’entreprendre de leur management, leur capacité l’écoute et à inspirer confiance.

Ils ont besoin d’autonomie et de liberté

C’est une génération de travailleurs matures et autonomes. Ils gèrent leur travail de la même façon qu’ils gèrent leur vie personnelle : en mode multi-tâches. Née avec Google au bout des doigts, c’est une génération débrouillarde, du moment qu’on leur laisse la liberté de trouver la solution aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer.

Ils fonctionnent à l’objectif

Ils vivent mal le carcan d’un job répétitif. Leur pire ennemi ? L’ennui. Pour cela vous allez devoir leur lancer des défis, des projets et des responsabilités supplémentaires qui font appel à leur centre d’intérêt. Pour les stimuler, fixez leur plutôt des objectifs et des challenges à court termes. En effet, la patience n’est pas le fort de cette génération qui a besoin de résultats immédiats.

Comment les attirer en entreprise ?

Le salaire ne suffit plus pour cette génération : il faut leur proposer un cadre de travail attractif. Fini le cubicle, la machine à café au fond du couloir… pour cette génération, vous allez devoir repenser votre environnement de travail avec du « fun » ! Entendez par là que votre espace de travail va devoir proposer autre chose qu’une chaise et un bureau. Certaines entreprises ont déjà pris le pas d’installer dans leur espace un billard, des babyfoots, une table de ping-pong ou même une console.

 

  • Dichon

    Dommage de voir que votre définition de la génération Z diffère grandement de ce qu’il est possible de trouver ailleurs.
    On dit plutôt de la génération Y qu’elle concerne les enfants nés de 1980 à 1995, et la génération Z les enfants nés à partir de 1996.
    En effet, entre 1990 et 1996, il y a des différences culturelles majeures et un vrai gap générationnel, malgré 6 petites années.

  • Et le spell-checker????

    La génération Z s’attend à une ordinateur …..

  • Pingback: Génération Z | Pearltrees()

  • Michel Lachartre

    J’avoue être surpris et ne pas adhérer complètement aux préconisations managériales de cet article.
    Si j’ai bien compris, il conviendrait dorénavant d’entretenir en entreprise des politiques organisationnelles et managériales différentes selon les âges. Jusque là, rien de nouveau : tout le monde a déjà, dans ce domaine, appris que le management idéal doit être adaptatif selon les circonstances et les personnes, et on a longtemps étudié et sous diverses formes, le management directif, le management persuasif, le management participatif, et le management délégatif. Merci Hersey et Blanchard.
    Or, la génération Z ne saurait entrer, nous dit-on, dans cette logique plutôt humaniste au motif qu’étant née avec un clavier entre les doigts, elle irait plus vite que ses ainés.
    Donc, aux orties Windows XP et autres hard ou soft qualifiés « poussiéreux », et …tant pis pour la cohésion sociale et l’unité d’équipement au sein de l’entreprise, c’est ça ?
    Démodés les mots « apprentissage », « parrainage », « expérience »,…? Est-ce à cela qu’il faudrait se résoudre ?
    Une entreprise est riche du capital que constitue ses « ressources humaines », et ce capital a été accumulé au fil des années et des générations. Elle a des savoirs à transmettre autant qu’elle en a à recevoir des virtuoses de nouvelles technologies.
    Et de grâce, qu’on arrête de nous rebattre les oreilles avec les particularismes des générations X, Y, Z, et bientôt Oméga, les modèles 2.0, 3.0, 4.0 etc ad libitum qui sont pour l’essentiel des éléments de langages qui recouvrent bien peu de réalité.
    Alors oui, l’entreprise se doit d’ouvrir les bras à ces jeunes – et plus largement qu’elle le fait aujourd’hui – mais accueillir ne veut pas dire détruire. Et une culture ne s’est jamais construite sur une seule génération.
    L’entreprise est aussi un espace où l’on apprend à vivre.
    Alors gardons un peu de sagesse.

  • ERIKA

    Pouvez vous communiquer vos sources de recherche concernant la génération Z ? Merci

  • Grumly

    Le monde du travail ne peut pas se satisfaire dans de nombreux domaine avec des informations trop synthétiques et sans une réflexion de fond basée sur l’expérience et la pratique, et non sur l’intuition. Avec 8 secondes d’attention par sujet et un rejet de la hiérarchie empêchant un encadrement, elle ne va pas aller loin la génération Z…
    Dans un monde ou tout spécialise sans cesse plus, il faut au contraire être capable de concentration et savoir utiliser l’expérience des génération A, B, C, ….,Y. Le billard et le babyfoot au boulot, c’est une grosse extrapolation des pratiques californiennes pour les entreprises qui ont tellement de fric à gaspiller qu’elles tentent de faire croire à un nouveau modèle. Disney avait déjà fait ça en son temps, et on sait comment ça tourne quand ces entreprises périclitent : Elles arrêtent les frais! Le problème n’est pas pour l’entreprise, il ne faut pas inverser les rôles.
    Ce ne sont ni les « défis », ni comment les « attirer », mais plutôt comment ils vont devoir se reformater pour qu’ils pouvoir s’adapter à un vrai monde du travail, avec ses tâches répétitives et ces petites choses déplaisantes ou longues, qui permettent à tous de se comprendre et d’avancer en prenant un peu plus de 8 secondes sur un sujet, tout en respectant assez la hiérarchie pour ne pas en devenir ingérables et non fiables.