Au carrefour de l’économie du partage, de l’innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté du peuple français, le phénomène d’Uberisation est une lame de fond qui va impacter tous les secteurs de l’économie traditionnelle des services.

N’attendez plus : devenez vous-même Ubérisateur ! Nous vous donnons les premières pistes pour accompagner vos fourmillements d’idées.

L’Uberisation : késako ?

Le mot « Uberisation » est un néologisme en vogue depuis 2014, c’est-à-dire depuis son emploi par Maurice Lévy, PDG de Publicis Groupe. A l’origine se trouve évidemment Uber, dont on aura reconnu la racine (peu latine), une entreprise qui a su asseoir à l’échelle planétaire un service de transport mettant en contact direct conducteurs et passagers, concurrençant ainsi les taxis.

A l’image de la mondialisation, mentionnée dans les ouvrages dès 1916, le terme d’Uberisation, un siècle plus tard, désigne un changement rapide des rapports de force grâce au numérique, ou encore le phénomène « par lequel une start-up ou un nouveau modèle économique lié à l’économie digitale peut menacer et remettre en cause rapidement un modèle de l’économie traditionnelle » (Dictionnaire du Marketing).

D’où nous vient l’Uberisation ?

L’Ubérisation est née au carrefour de trois grandes tendances de fond arrivées à maturité :

  • Le numérique : innovation digitale et nouvelles technologies sont désormais maîtrisées et à la portée de tous ;
  • La recherche d’expérience: la recherche d’une expérience de consommation et du meilleur service parmi l’offre disponible sont le lot quotidien du consommateur ;
  • La volonté d’indépendance : se mettant volontairement à l’écart des modèles salariaux classiques, la population est en quête d’indépendance, liberté dans le travail et dans leur relation avec les prestataires de services.

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Quel est son fonctionnement ?

L’Uberisation comporte certaines caractéristiques-clés, que nous détaillons ici :

  • La quasi-instantanéité : une réactivité maximisée par la mise en relation immédiate du client et du prestataire, par proximité géographique ;
  • La mutualisation des ressources et la faible part d’infrastructure lourde (bureaux, services, supports, etc.) dans le coût du service ;
  • La maîtrise des outils numériques : existence d’une plateforme numérique de mise en relation entre clients et prestataires, avec paiement du client à la plateforme, qui prélève une commission ;
  • L’augmentation constante de la qualité : le paiement du prestataire est conditionné par l’évaluation faite par le client de son service.

Quels sont les nouveaux secteurs ubérisés ?

Après les domaines pionniers de l’hôtellerie (Air BNB, Booking.com) et de transports de personnes (Uber), l’Uberisation s’étend peu à peu à tous les domaines de service français :

  • Le site « Blablacar», d’origine française et aujourd’hui présent internationalement, a littéralement ubérisé la SNCF (dont les rumeurs de rachat ayant circulé récemment sont infondées)   https://www.blablacar.fr/
  • Les petites annonces, face au site Le Bon Coin, ont également presque entièrement disparu   https://www.leboncoin.fr/
  • Dans la même veine, et à grand dam de certains artisans, les petites annonces de travaux de rénovation et dépannage en bâtiment sont désormais regroupées sur des plateformes spécifiques : Mesdépanneurs.com, AlloMarcel.com…
  • L’Ubérisation commence même à toucher les secteurs économiques les plus traditionnels, pourtant réputés intouchables, que sont le secteur du droit, où certaines plateformes proposent la mise en relation entre avocats et justiciables.

Nous vous laissons prendre connaissance dans l’infographie ci-dessous de l’ensemble des nouveaux acteurs pressentis dans le domaine de l’Uberisation :

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Infographie « Les nouveaux acteurs de l’Economie Numérique », Observatoire de l’Uberisation

Comment devient-on un Ubérisateur ?

Les points à remplir

Vous voulez vous aussi devenir un ubérisateur des systèmes traditionnels ? Pour cela, assurez-vous que le marché convoité remplit les caractéristiques suivantes :

  • Vous apportez une réponse à un nouveau type de besoin afin de capter une clientèle déçue par l’offre existante
  • Pour proposer votre nouveau service, vous recourrez à des ressources en personnel extérieur (professionnels ou amateurs) qui n’exerçaient auparavant pas au sein de ce secteur, ou alors pas de cette façon
  • Vous compterez sur l’effet de réseau et de volume : votre succès sera lié au nombre d’utilisateurs ; plus il y a de demandeurs, plus il y a un intérêt à devenir offreur, et plus il y a un intérêt à devenir demandeur (et cetera).

Quelques conseils

Enfin, voici quelques conseils pour devenir un bon ubérisateur :

  • Focalisez sur la proximité et sur l’humain, un atout fort et une tendance émergente
  • Focalisez les efforts sur la qualité : contre les plateformes décrites qui tirent naturellement la qualité vers le haut, il vous faut vous aussi répondre par la qualité
  • Mutualisez les ressources entre acteurs : concentrez-vous entre acteurs (par secteurs, par filière, par taille) pour investir dans des outils conséquents, et les amortir à plusieurs
  • Profitez des atouts du digital : tous les secteurs ne sont pas encore pris ! Emparez-vous de ces outils pour lancer des initiatives en parallèle de vos business historiques

Avant de vous lancer, il peut être également intéressant de prendre connaissance des avantages et inconvénients liés à l’Uberisation. Bon courage !