Comment trouver le bon équilibre travail-famille, telle est la nouvelle préoccupation des salariés du nouveau millénaire : génération X, Y, et bientôt Z, chacune s’est construite en des temps différents, et pourtant toutes convergent vers la même ambition.

Les entreprises l’ont bien compris et investissent de plus en plus pour aider leurs salariés à satisfaire cette nouvelle aspiration. Un procédé donnant-donnant qui, derrière l’image de la société soucieuse de ses collaborateurs, dissimule à peine un objectif de rentabilité sur le long terme. L’équilibre travail-famille : quel intérêt pour votre entreprise ?

 

Votre équilibre travail-famille : les sociétés ont saisi leur intérêt

 

Dès 2005, une étude suisse a démontré que 100 euros investis par l’entreprise en faveur de la parentalité lui rapporteraient 108 euros. « Le calcul est fait », comme le claironne Edouard Carle, directeur général de Babilou, le leader des crèches d’entreprise, interrogé dans l’article de l’Express, « Pourquoi les entreprises nous aident-elles à concilier travail et vie de famille ? »

L’Étude annuelle « Famille et Entreprises », dirigée par l’institut Viavoice, a confirmé l’intérêt des entreprises sur la thématique de l’équilibre travail-famille. Ce sondage a été réalisé auprès d’un échantillon de 303 décisionnaires : dirigeants d’entreprise et directeurs des ressources humaines dans des entreprises de 50 salariés et plus. Ce qui ressort de cette étude ? Beaucoup d’entreprises reconnaissent déjà la valeur qu’il y a à favoriser l’équilibre travail-famille de leurs salariés. Quelques chiffres :

 

  • 83% des interrogés confirment que l’équilibre travail-famille représentera un enjeu central dans les années à venir
  • 67% d’entre eux estiment que c’est à l’entreprise, et non au salarié seul, d’agir en faveur d’un meilleur équilibre travail-famille
  • 58% considèrent que le parcours personnel du salarié (mariage, naissance, décès d’un proche…) devrait être davantage pris en compte par les entreprises
  • Seuls 21% n’y voient qu’une charge financière nouvelle, alors que 79% y voient au contraire un « levier de durabilité » et surtout, « de performance »

 

Alors, quel intérêt précisément pour l’entreprise ? Parmi les 83% qui voient dans l’équilibre travail-famille un enjeu central pour les années à venir, voici ce qui a été identifié :

 

  • 44% y voient une façon d’améliorer le bien-être de leurs salariés
  • 42% de fidéliser leurs salariés
  • 36% d’améliorer la performance globale de l’entreprise
  • 36% d’accroître la motivation au travail
  • 29% de réduire l’absentéisme et les retards
  • 20% d’améliorer la qualité des relations au sein de l’entreprise
  • 10% de faciliter le recrutement de profils à haut potentiel (seulement, oui)

 

Enfin, voilà ce que recommandent ces mêmes 83% pour opérer la transition :

  • À 77%, des horaires aménagés
  • À 70%, un accompagnement individualisé au retour d’un congé maternité ou paternité
  • À 63% une aide pour trouver un logement limitant le temps de trajet domicile/travail
  • À 45%, une demi-journée « rentrée scolaire » payée
  • À 44%, la mise en place de crèches d’entreprise, pour développer le bien-être au travail
  • À 38%, la mise en place d’un système de télétravail – un système qu’on sait encore timide, puisque seuls 16% des salariés français indiquent en bénéficier, selon une autre étude

 

Un accompagnement de plus en plus personnalisé

 

À l’aube du 21e siècle, l’accompagnement des entreprises d’un point de vue de l’équilibre travail-famille suit les attentes d’individualisation et de personnalisation toujours plus fortes de la part de leurs salariés. Cette nouvelle politique RH a le privilège d’attirer les générations Y et bientôt Z, tournées vers un nouveau rapport au travail, mobiles et frileuses à l’idée de sacrifier famille et amis sur l’autel de leur carrière.

 

Alors, garde d’enfants ou portail intranet « SOS nounou », soutien scolaire ou consultations pédiatriques au bureau, coaching parental dispensé par des professionnels ou encore journées portes ouvertes à l’entreprise… pour les enfants ! Les grosses sociétés redoublent d’inventivité pour que les étapes de la vie d’un salarié, et notamment dans son rôle de parent, se passent dans la plus grande souplesse.

 

Un exemple : animée par Anne Peymirat, la célèbre « consultante en parentalité » pour le compte de plusieurs grandes entreprises, la dernière session intitulée « Se faire obéir par ses enfants dès la première demande » aurait affiché un record de participation chez EDF. Car les tracas familiaux, a priori hors sujet au sein de l’entreprise, contribuent à grignoter le temps de cerveau disponible des salariés, et ça… c’est intolérable, évidemment.

 

Une meilleure productivité de la part de ses collaborateurs, baisse des taux d’absentéisme, la prévention des risques psychosociaux, de burn-out, de démotivation… la liste des avantages pour l’entreprise qui favorise l’équilibre travail-famille est longue, comme le rappelle l’article de l’Express.

 

Les entreprises dépassent-elles les bornes ?

 

C’est un fait, les sociétés s’immiscent de plus en plus dans le quotidien et dans la vie privée de leurs salariés… pour leur bien, en théorie. Les sujets laissés à la porte des entreprises il y a une dizaine d’années se transforment en thématiques appréciées, discutées et traitées par des professionnels. Et ce qui semblait jadis suspect, quand l’entreprise paternaliste tentait une incursion dans la vie privée des familles pour mieux les contrôler, est aujourd’hui célébré en ode à l’entreprise idéale.

Mais alors, les entreprises vont-elles trop loin ? Si la plupart d’entre nous reprochent à l’employeur qui l’emploie de ne pas en faire assez, sachez que certains autres en font trop. Dans un ouvrage de Carl Cedeström et André Spicer, « Le Syndrôme du bien-être », une partie est réservée au détournement qu’ont fait les entreprises de la quête de bien-être de leurs salariés.

Un exemple repris par l’Express dans l’article « Quand les entreprises s’immiscent un peu trop dans le bien-être de leur salariés » :

 

En avril dernier, le dirigeant de l’entreprise américaine Aetna, spécialisée dans les assurances santé, a fait la une, avec son idée révolutionnaire dans le domaine des RH, qui offrait des primes allant jusqu’à 25 dollars pour ses salariés pouvant prouver leur sommeil réparateur. À l’appui, un bracelet Fitbit fournissait toutes les données relatives à la nuit passée !

 

L’ère de Big Brother qui a hanté les écrivains des années 60 peut-elle refaire son apparition ? D’autres exemples humoristiques dans l’ouvrage.

  • vanessa

    « La conciliation vie professionnelle – vie privée permet de gérer efficacement les multiples responsabilités du salarié au travail, dans son foyer et dans sa communauté, tout en maintenant sa bonne santé physique et psychologique. Il s’agit de créer de la souplesse dans les rythmes et les structures de travail et de proposer des services aux salariés. Des politiques de travail plus souples nécessitent en contrepartie plus de contrôle négocié et accepté par les employés et les responsables hiérarchiques, ce qui alimente le dialogue social et la coopération des partenaires. »
    source : L’amélioration de la qualité de vie au travail : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=472