Chaque fin d’octobre et fin de mars, c’est le même rituel : vous remontez ou avancez votre montre d’une heure avant d’aller vous coucher. Une drôle d’habitude qui concerne de nombreux pays et qui a pourtant une raison : réaliser des économies d’énergie. Mais quels peuvent être les impacts de l’heure d’été sur le monde du travail ? Comment gérer ces changements de rythmes ? On tâche de remettre les pendules à l’heure !

1) Heure d’été : pourquoi change-t-on d’heure ?

Devenu un geste mécanique, le passage à l’heure d’été ou d’hiver a pourtant toute une histoire. Bref rappel des origines et du pourquoi du comment 🙂

Origines du changement d’heure

En France, le changement d’heure a été instauré en 1975, après le choc pétrolier de 1973. L’objectif de cette mesure était de baisser les besoins en éclairage afin de faire des économies d’énergie. En effet, en avançant ou reculant l’heure, cela permet de mieux faire coïncider les périodes d’activité humaine avec les heures d’ensoleillement, réduisant alors l’utilisation de l’électricité pour s’éclairer.

La France n’est pas le seul pays à appliquer cette mesure. L’Allemagne est la première à l’avoir mise en place en 1916. L’heure d’été a été adoptée par l’ensemble des pays de l’Union européenne à partir des années 1980. Dans le monde, le changement d’heure est appliqué par les pays en zones tempérées où les variations de luminosité nécessitent une telle mesure.

À noter : selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie (ADEME), en 2009, nous avons ainsi économisé l’équivalent de la consommation de 800 000 ménages.

+1 heure ou -1 heure ?

Vous n’arrivez pas à vous souvenir si vous devez avancer ou reculer votre montre ? Il existe un petit moyen mnémotechnique :

  • Heure d’été : elle intervient le dernier dimanche de mars, donc avant le mois d’avril. Ce mot commence par les lettres « AV » donc on doit « AVancer » d’une heure.
  • Heure d’hiver : elle intervient le dernier dimanche d’octobre. Ce mot termine par « RE » donc on doit « REculer » d’une heure.

Facile, non ?

2) Heure d’été et impact sur le travail : une réalité ?

Les changements d’heure bousculent toujours notre biorythme. Et ce trouble peut avoir des conséquences également sur le monde du travail. On peut en relever deux principales :

  • la diminution du temps de sommeil, donc une fatigue accrue et des risques au travail ;
  • la rémunération des travailleurs de nuit.

Manque de sommeil

Particulièrement avec le passage à l’heure d’été, où nous avons alors deux heures d’avance par rapport au soleil, le sentiment d’être décalé, comme lorsque l’on voyage et que l’on subit un décalage horaire, est souvent exprimé. En outre, nous perdons du temps de sommeil. Tous ces éléments contribuent à l’apparition de la fatigue. Or, la somnolence et la fatigue sont les ennemis du travail, quel que soit le secteur d’activité. Elles ont tendance à augmenter les risques d’accident, allant de la simple erreur dans un dossier à l’accident de voiture ou sur un chantier.

L’Association contre l’heure d’été double soulève régulièrement cette question du manque de sommeil et des problèmes qui seraient liés directement au passage à l’heure d’été. L’ACHED voudrait réduire l’avancement de l’heure, en adoptant de préférence l’heure fixe GMT + 1.

Pour en savoir plus, consultez notre article sur Dodow, un outil d’aide à l’endormissement, qui présente les liens étroits entre le sommeil et le travail.

Travailleurs de nuit

L’heure d’été rappelle le cas particulier des travailleurs de nuit et de leur rémunération. Lorsque le changement d’heure a été mis en place en 1975, il a fallu trouver une solution légale à cette situation. Grâce à la Convention Collective du Travail de 1977, un fonctionnement très simple a été instauré :

  • les employés qui sont en service le jour du passage à l’heure d’été sont payés pour 8 heures, même s’ils n’ont travaillé que 7 heures.
  • puis, lors du passage à l’heure d’hiver, ces mêmes employés devront travailler 9 heures pour un salaire de 8 heures.

Ainsi, un équilibre est créé. Et pour les personnes travaillant lors de l’heure d’été, mais pas à l’heure d’hiver, la loi prévoit de leur payer cette heure supplémentaire, sans contrepartie. En revanche, un employé en service uniquement au moment de l’heure d’hiver sera payé 9 heures.

Retrouvez la lumière ! Certes, l’heure d’été est synonyme de moins de temps de sommeil, mais elle annonce aussi les jours qui commencent à s’allonger (plus de soleil du jour le matin et le soir) et le retour de la lumière. Et grâce à cela, le moral s’en ressent !

3) Trois conseils pour anticiper le passage à l’heure d’été

Le passage à l’heure d’été, qui avance notre horloge d’une heure, s’accompagne d’une perte en termes de temps de sommeil. Cette situation est souvent mal vécue par les Français. Il est vrai que l’heure d’été est LE changement d’heure qui a la plus mauvaise presse. Pour mieux vivre ce passage, l’essentiel est d’anticiper avec quelques conseils assez simples.

Levez-vous plus tôt

De la même manière que vous devez adapter votre rythme de coucher et de lever en voyage pour mieux vivre le décalage horaire, vous pouvez agir de la même façon sur le changement d’heure. L’important d’abord est d’accepter qu’il vous faudra quelques jours pour vous « recaler ». Levez-vous plus tôt les trois jours qui précèdent la reprise du travail, avant le week-end du changement d’heure. Faites-le progressivement : 20 min plus tôt le vendredi, 40 min le samedi, 60 min le dimanche. Une fois le lundi arrivé, votre organisme aura déjà adopté le nouveau rythme !

Exposez-vous à la lumière du jour

Il existe un avantage incontestable au changement d’heure : le retour d’un ensoleillement plus long ! Pensez donc à sortir tous les jours et à vous exposer à la lumière. En effet, le soleil joue le rôle de synchroniseur permettant de trouver le sommeil plus tôt le soir.

Bannissez les écrans avant le coucher

Au moment de l’heure d’été (et aussi de manière générale pour s’endormir plus facilement), éloignez de vous la source lumineuse artificielle qui émane de vos écrans car elle retarde considérablement le moment du coucher et n’aide donc pas à réajuster son rythme pendant cette période.