Qui n’a jamais utilisé son téléphone portable pour consulter ses mails professionnels ? Pour se connecter au réseau de l’entreprise ou sauvegarder son travail sur une clé USB ? Bien des nez risquent de s’allonger pour répondre à ces questions. Surtout quand il s’avère que 86 % des applications de Cloud utilisées dans les entreprises ne sont pas autorisées (étude CipherCloud).

Qu’on le veuille ou non, les smartphones, tablettes et autres netbooks personnels s’immiscent dans nos habitudes de travail. Heureusement les Pinocchios en puissance se feront de plus en plus rares, car la pratique du « Bring your own device » se démocratise à vitesse grand V. Avec les progrès de la technologie mobile et l’interconnectivité permanente, les entreprises prennent conscience de la nécessité de s’adapter. Mais alors que la frontière entre vie privée et vie professionnelle s’amenuise, les responsables informatiques ont du pain sur la planche. Car entre gain de productivité et faille de sécurité, le BYOD balance !

Des méthodes de travail… comme à la maison

Encore de nombreux dirigeants s’opposent farouchement à l’utilisation des appareils personnels en milieu professionnel. La gestion du parc informatique ne tient pas compte de l’ensemble de ces dispositifs qui accèdent au réseau interne de l’entreprise et sauvegardent des documents. Ils sont autant de risques potentiels pour la sécurité. Selon une étude réalisée par IDC (International Data Corporation), 80 % des entreprises n’ont aucun moyen de protéger leurs données sur ces terminaux. Or, interdire totalement l’usage des smartphones, PC portables et tablettes est loin d’être aisé. Impossible, diront certains !

Développer une politique BYOD au sein de l’entreprise est le moyen le plus profitable pour bénéficier des avantages de ce système, tout en limitant les inconvénients. Afin d’y parvenir, des solutions s’offrent aux responsables pour intégrer les différents appareils au système informatique existant et gérer les identités et les niveaux d’accès. Il convient de mettre en place des applications de messagerie, de planning, de CRM, de réseaux sociaux… Aujourd’hui, 42 % des entreprises autorisent le BYOD en interne malgré le risque de perte de données.

Son intérêt n’est donc pas sans fondements. Il reflète de nombreux bénéfices qui permettent aux entreprises de gagner en souplesse, en productivité et de limiter les coûts. Un accès à ses mails sur son smartphone ou au serveur distant sur sa tablette engendre souvent une consultation sur son temps libre. Certaines solutions grand public s’avèrent plus simples et efficaces que les logiciels professionnels. Partage de documents, visioconférence et agenda avec leurs propres comptes, les collaborateurs utilisent des équipements informatiques qu’ils maitrisent parfaitement et qui ne coûtent rien à l’entreprise.

Chiffre significatif, 42 % des employés estiment avoir des outils plus performants à la maison et 69 % les utilisent régulièrement au bureau. Pour eux, l’usage des appareils personnels est majoritairement effectué par souci de performance. Près de 35 % des employés contournent les procédures de sécurité mise en place dans cette optique. Pour assurer le succès du BYOD, les entreprises se doivent de sensibiliser les utilisateurs aux divers risques en matière de sécurité informatique. Avec une bonne pratique et une réglementation adaptée, le travail n’aura jamais été aussi flexible.

Vie privée, la limite à ne pas franchir

Le BYOD se termine là où commencent les éléments relevant de la vie privée. Dans le cadre du travail, l’employeur est responsable de la sécurité des données de son entreprise sur tous les terminaux dont il a autorisé l’utilisation. Cependant, il ne peut en aucun cas effacer à sa guise les données sur les appareils de ses employés.

Malgré les démarches et moyens mis en place, il est difficile de tout contrôler. Il est impératif que l’ensemble des collaborateurs se montre vigilant devant les intrusions et autres virus. Les mesures de sécurité ne peuvent imposer l’interdiction de la navigation internet, des applications et du téléchargement sous prétexte que l’équipement est également utilisé à des fins professionnelles.

Le BYOD peut également mettre en relief des différences entre les employés. La qualité du matériel personnel est souvent synonyme de capacité financière. Malgré les nombreuses fonctionnalités des smartphones, tablettes et ordinateur portable de ces dernières années, leurs possibilités varient et se répercutent sur la qualité du travail fourni. Au jeu du « qui a le plus gros écran », le BYOD voit se profiler ses limites.