Cette année, la fête des Mères tombe un 28 mai. Alors soit vous êtes le roi ou la reine de l’anticipation, et vous avez déjà prévu un petit cadeau pour votre maman. Soit vous apprenez seulement maintenant qu’il vous reste quelques heures à peine pour trouver un petit quelque chose. Dernière option : le 28 mai est passé et vous ne lui avez pas même passé un coup de fil. C’est moche. D’autant que la fête des Mères, c’est important. Vous en doutez ? On se propose de vous convaincre en 5 minutes.

Moi maman, je rendrai le partage obligatoire à tout âge

Après 9 mois de grossesse et plus de 12 h00 d’accouchement (durée moyenne pour le premier enfant), la mère d’aujourd’hui attend bien qu’on lui montre un chouia de reconnaissance. Surtout en France, où le taux de natalité frôle les deux enfants par femme et où, contrairement à l’époque de Pétain (oui, il s’agit d’un rappel historique), les mères tentent jour après jour de jongler entre vie de famille et vie de travail.

Alors je vois déjà les cyniques qui n’y voient encore qu’une date commerciale, faite pour créer de nouveaux besoins de consommation. Amis cyniques, vous avez raison ! La fête des Mères est devenue une fête commerciale. Mais pas seulement. C’est aussi l’occasion de faire des rappels évocateurs sur la place des femmes dans la société.

En 2016

Les hommes gagnent 19,2 % de plus que les femmes
(non, pas d’erreur de virgule)

72 % des tâches ménagères sont effectuées par des femmes
(c’est que les chaussettes sales ne se lavent pas toutes seules)

Seuls 12 % des pères se sont déjà arrêtés un mois pour un congé parental
(c’est plus facile de faire des enfants que de s’en occuper…)

Sources : Gouvernement.fr

Indesit s’est même emparé de ces inégalités du quotidien pour mettre en avant une publicité en mode storytelling, qui a le bon goût de faire ressortir de façon assez flagrante le problème.

Vous voyez le topo ?

Moi chef d’entreprise, je prendrai la place de Bruce Wayne (et non de Wonder Woman)

Véronique Bouton

Dans tout ce marasme et cette stagnation de la société qui peine encore à évoluer, certaines femmes ont décidé de faire bouger les lignes, en travaillant autrement. Elles sont entrepreneuses et fières de l’être. Véronique Bouton de Leadinov évoque avec nous la réaction de ses proches face à sa décision : « On me disait tout le temps que j’étais complètement inconsciente de quitter mon beau poste de salariée pour créer ma société, alors que dehors c’était la crise. Je me suis heurtée à l’incompréhension de la plupart des personnes de mon entourage. J’ai toujours le sentiment que si j’avais été un homme, on aurait salué mon courage, plutôt qu’un supposé coup de folie.»

Hélène Exbrayat

Choisir l’entrepreneuriat est un véritable choix de carrière, comme nous l’explique une autre résidente, Hélène Exbrayat fondatrice de SequoiaVox. « J’ai fait le choix de devenir dirigeante par passion de l’entrepreneuriat. J’ai un tempérament de fonceuse et suis super indépendante. » Et il est vrai que de plus en plus de femmes font ce choix et se sentent libres de le faire. 40 % des Entreprises Individuelles créées en 2016 l’ont été par des femmes par exemple (Source : Insee). Ça bouge. Même si cela correspond également à une tendance globale du travail où entrepreneurs, indépendants et freelances se sont multipliés comme des petits pains au gré de l’explosion de la digitalisation de nombreux métiers (+6 % de création de nouvelles entreprises en 2016, la plus forte hausse depuis 6 ans selon l’Insee).

Moi maman, je ferai de mon demain un jour meilleur

Vanessa Lavergne

Mais nombre de femmes font aussi ce choix d’indépendance en tant que mère, à l’image de Vanessa Lavergne, conseillère en communication : « Après la naissance de mon fils, j’ai eu envie de changement. Je voulais plus de liberté, à la fois dans mes projets, mes équipes, mes horaires. » Et pour cause, dans une société où les mères ont la charge des enfants au quotidien, où il faut gérer l’intendance, les courses, les devoirs, les sorties de crèche ou d’école, les rendez-vous en urgence chez le médecin, il est parfois plus simple d’avoir une certaine souplesse sur ses horaires et son mode de travail. Et Vanessa Lavergne d’ajouter : « Pour moi, être une femme entrepreneure est plutôt un atout. Plus de patron indélicat pour vous demander si vous avez pris votre journée quand vous quittez le bureau à 18 h 30 pour partir chercher votre enfant. »

Caroline Guillaume

Pour Caroline Guillaume fondatrice de Chasseurs de Toit, elle a pu faire le choix de son lieu de travail en fonction de ses impératifs familiaux : « Mon bureau se situe à quelques minutes de notre domicile et de l’école de nos deux enfants de 7 et 10 ans. » L’entrepreneuriat permet aussi aux femmes d’accéder à des fonctions dirigeantes, sans attendre que les enfants soient enfin grands, sans enchaîner les grossesses en se retrouvant bien souvent mises au banc de l’entreprise. Il y a bien sûr un revers à cette médaille. Cela veut aussi dire plus d’insécurité, des congés maternités quasi impossibles à prendre ou inexistants, une couverture sociale moins bonne, et cet impératif des mères et des entrepreneurs : ne jamais être malade.

Être mère représente donc de nombreux défis en France, au niveau personnel, comme professionnel. Oui, les mères veulent que ça change, et elles veulent un peu de reconnaissance, au moins un jour par an. Alors si le consumérisme de cette fête devenue traditionnelle vous dérange, vous avez le droit de lui masser le dos ou les pieds à votre mère, de lui préparer un bon repas, de l’écouter quand elle vous parle ou de décrocher votre téléphone quand elle vous appelle. En gros, ne soyez pas ingrat, et souhaitez-lui dans les bonnes formes « une très bonne fête ».

PS Les jolis dessins et autres colliers de pâtes ne sont autorisés que pour les enfants.