Travailleur nomade, portrait-robot

À quoi il ressemble ce travailleur nomade dont le nom invite au voyage et qui donne l’impression qu’il a tout compris à la vie et au travail, tellement il semble épanoui dans sa vie ? Tout d’abord, c’est un homme ou une femme, freelance de préférence, ayant surtout besoin d’internet et d’un téléphone pour exercer son art. Dans certains cas, il peut être salarié dans l’une des quelques entreprises françaises qui se sont laissées tenter par le télétravail et qui offrent des conditions plus souples à leurs collaborateurs. Enfin, dans des cas plus rares, le travailleur nomade (appelons-le Camille) est bien celui qui voyage, qui passe de New York à Tombouctou en passant par Shanghai dans le week-end, et qui passe la moitié de son temps dans les transports. Notez que New York, Shanghai et Tombouctou peuvent aisément être remplacés par Paris, Bordeaux ou Arras par exemple. Le travailleur nomade peut travailler sous différentes échelles.

Bien souvent, vous l’aurez certainement remarqué, le travailleur nomade fait ses premiers pas dans le nomadisme intellectuel en tant qu’étudiant, en préparant dossiers, exposés, mémoires et autres thèses au sein d’une chaîne de café américaine proposant un wi-fi de qualité moyenne et des fauteuils club ou canapés pour sièges. Il peut aussi avoir fait ses armes au gré des bibliothèques contemporaines, offrant toujours plus de services à ses travailleurs solitaires. Toutefois, arrivé au statut de travailleur rémunéré et cotisant enfin pour sa retraite, il ou elle se laisse bien souvent séduire par des lieux où la moyenne d’âge est plus élevée, les services plus affutés et le café de meilleure qualité. C’est qu’il devient vite exigeant avec l’âge, ce Camille.

Aspirations & Ambitions

Dès lors, confort et liberté doivent rapidement rimer avec délais et efficacité. Eh oui, c’est que Camille doit gagner sa croûte. Pour être heureux, il ou elle se met en quête de lieux où flexibilité, services et prix doivent composer une idylle réussie, de celles qui durent, qui permettent de garder toujours allumée cette petite étincelle de bien-être et de souffle d’inspiration nécessaire. Oui, le travailleur nomade veut aussi un bureau, mais un bureau pas comme les autres. C’est que les coworking cafés souvent bondés ont eu tôt fait de le fatiguer, que les conversations de bistrot qui empêchent de travailler lui ont déjà fait prendre quelques rides d’expressions sur le front, à force de tentatives de concentration.

Camille veut du calme, de la concentration, si besoin, de la musique de fond et un bon café/thé pour accompagner ses réflexions, ses calls, ses meetings, ses meet up, ses rendez-vous coaching, ses brainstormings ou ses colunching. Pour tout cela bien sûr, il peut se tourner vers de nouveaux espaces, où le monde du travail change, évolue, s’écrit et se transforme, pour tous ceux qui ont choisi de ne pas travailler dans les champs ou à la chaîne, pour tous ceux et celles qui ne veulent pas un bureau, toujours le même, au même endroit, à la même heure, entre quatre cloisons/prisons.

Demain, tous nomades ?

Tandis que certains ne voient aucun inconvénient à faire deux heures de trajet par jour, au gré des stations de métro et des RER ou des embouteillages citadins, d’autres aspirent au télétravail, au nomadisme, à plus de bien-être et de liberté. Ils et elles sont 93 % à le rêver pour demain, à l’espérer même, souhaitant voir leur quotidien de travailleur du tertiaire changer, en enlevant cette chape de plomb qui les poursuit parfois face à cette routine lassante et ennuyante qui les conduit vers le burn-out et le bore-out. Oui, le travail de bureau doit se réinventer. Le travail de bureau a commencé à se réinventer et le travailleur nomade est devenu le cobaye volontaire de cette mutation digitale qui étreint le monde.

Il faut savoir se quitter parfois, pour mieux se retrouver. Il en va de même dans le travail. Cela correspond aux aspirations des travailleurs d’aujourd’hui. Les générations Y et Z y sont très sensibles, elles qui ne s’attendent plus à rester toute leur carrière dans une même entreprise. Elles qui ne comptent pas attendre 5 ans, 10 ans, 20 ans, une simple médaille de reconnaissance pour avoir travaillé dur. Et notez qu’elles ne veulent pas forcément plus, elles veulent mieux. La liberté de travailler de n’importe où, quand on veut, fait définitivement partie de ce mieux.

Toi Camille et autres travailleurs nomades, réjouissez-vous. Certains ont eu le bon ton de penser à vous. A suivre.