DOSSIER


Depuis quelques années déjà, l’Intelligence Artificielle (IA) intervient à travers de nombreux domaines afin de nous faciliter la vie. Elle envahit notre foyer tout comme notre espace de travail. Tant et si bien qu’on ne se rend même plus compte de son omniprésence, notamment avec les smartphones en ligne de mire. Dans la médecine, la domotique, l’aide à la personne et bien sûr l’analyse de donnée, on ne compte plus le nombre de machines dotées de logiciels embarqués. Même les premiers robots humanoïdes commencent à faire leur apparition. L’avènement du « Judgement day » et l’invasion des Terminators n’est pas pour tout de suite, mais attention tout de même à contrôler cette évolution qui pourrait porter l’humanité dans une tout autre dimension.  

On commence par les basiques

La définition en trois lignes

L’intelligence artificielle se caractérise par la création d’une machine capable de réaliser des fonctions de compréhension et de communication généralement réservées à l’homme. À l’aide d’algorithmes complexes, les ingénieurs permettent à un appareil de raisonner comme s’il était réellement intelligent. Jusqu’ici tout va bien. On suit.

De l’IA dans nos smartphones, ah bon !

Aujourd’hui déjà, elle a envahi notre quotidien. Si, si, on vous assure que c’est le cas. En octobre 2011, les amateurs d’iPhone ont pu dialoguer avec leur téléphone grâce à l’assistant électronique Siri. Comme beaucoup de programmes, il analyse et effectue des commandes diverses. Certains en sont même tombés amoureux, c’est dire ! (Référence directe à un épisode de Big Bang Theory. Si vous ne regardez pas la série, vous avez le droit de passer directement au paragraphe suivant.)

Et même sur Internet. Vraiment ?

Vous l’avez forcément remarqué. On peut poser des questions à toute heure sur des petites fenêtres de chat, qui s’affichent et se mettent à nous parler, même à 3 heures du matin. C’est que sur internet, les BOTS conversationnels sont légion et sont de plus en plus pertinents. Ils permettent aux marques d’affiner leur stratégie digitale en apportant une réponse instantanée aux questions de leurs clients. Basés sur l’analyse sémantique, ils réagissent en fonction d’une pluralité de scénarios prédéfinis.

Mais y’en a partout en fait !

Les progrès en matière d’intelligence artificielle gagnent les usines, les hôpitaux, les hôtels, les maisons de retraite et bien d’autres. Ils ne cessent d’explorer de nouveaux horizons, à l’exemple de l’apprentissage automatique, le traitement du langage naturel, l’identification de signaux faibles, la vision par ordinateur, la reconnaissance vocale, le triage de l’information, la planification… L’intelligence artificielle fait également un bond considérable dans le domaine de la reconnaissance visuelle. Que ce soit en vidéosurveillance pour identifier des individus ou pour des images par le biais d’internet. Facebook a d’ailleurs développé son programme DeepFace, capable de distinguer un visage avec un taux de réussite de 97 %.

Nous sommes à l’aube des voitures autonomes, même si ce n’est tout de même pas pour demain, et les robots de leur côté, commencent à prouver leur supériorité ou leur complémentarité jusque dans le monde du travail : l’aéronautique les utilise ainsi pour des travaux de précision, ils sont devenus incontournables également pour intervenir en milieu confiné ou hostile à l’homme. Le modèle « Pepper » de la société franco-japonaise SoftBank Robotics s’est déjà vendu à plus de 10 000 exemplaires chez les particuliers et dans les banques du Japon. Ce petit robot sert notamment à accueillir, informer et divertir les clients.

Et en plus, cela vaut des milliards

Dans le monde de l’entreprise, l’intelligence artificielle a déjà commencé à révolutionner notre manière d’aborder et d’analyser le comportement de la clientèle. Elle apporte un degré d’automatisation record surtout dans la collecte de données et permet une personnalisation du service toujours plus poussée. Selon l’agence de conseil Accenture, son évolution pourrait entrainer en 20 ans une augmentation de 40 % de la productivité mondiale. Pas étonnant que le cabinet Tractica estime le marché mondial de l’IA à 11,1 milliards de dollars d’ici à 2024.

 

En route pour le futur ?

Pas de panique

Pour le moment, nous n’en sommes pas encore à créer des machines qui agissent par déductions. Les avancés les plus probables dans les années à venir concernent des points sur lesquels l’humanité travaille déjà, comme l’abolition de la barrière de la langue grâce à des traducteurs instantanés. Le monde risque bientôt de compter une pléthore de robots et d’appareils gonflés d’intelligence artificielle. À chaque coin de rue, dans chaque maison, nous accompagnant au quotidien pour nous rendre la vie plus agréable.

On peut commencer à paniquer un tout petit peu

Mais qu’arriverait-il si nous parvenions à mettre au point des machines toujours plus intelligentes, réellement capables de penser par elles-mêmes ? À la fois du bon et du mauvais pourraient en découler.

Les formidables progrès qui en résulteraient nous conduiraient probablement à atteindre un niveau de « confort» inimaginable. L’immortalité ou du moins une vie extrêmement prolongée deviendrait envisageable notamment grâce au traitement des maladies liées à l’âge. Le cerveau bénéficierait aussi d’une augmentation de sa capacité au travers de moyens neuronaux artificiels. Et cette révolution pourrait arriver plus vite qu’on ne l’imagine.

Seule ombre au tableau, la possibilité que l’on puisse un jour créer une « IA forte », similaire au comportement humain avec une conscience et des émotions, en fait trembler plus d’un. L’idée qu’une intelligence artificielle surpasse l’humain et puise son savoir dans l’immensité du big data fait peur. C’est pourquoi durant l’été 2016 les grands noms de la technologie mondiale se sont réunis à l’occasion de la SciFoo (conférence scientifique interdisciplinaire organisée par O’Reilly Media, FOO désignant « Friends of O’Reilly ») dans les locaux de Google pour tenter d’en contrôler l’évolution. Parmi eux, Elon Musk, Bill Gates, Stephen Hawking ou encore Steve Wozniak, ont fait part du danger que pourrait représenter l’intelligence artificielle pour notre survie dans les années à venir.

« Nous sommes les idiots utiles de l’IA »

Toutefois, le plus gros danger de l’IA à court terme ne réside pas dans les développements d’une IA forte, faite de robots dotés d’une conscience virtuelle. C’est l’IA faible, celle qui se compose simplement d’algorithmes reproduisant des scénarii prévus à l’avance, qui est pointée du doigt, notamment par Laurent Alexandre, chirurgien et fondateur de Doctissimo entre autres. Le vrai sujet qui doit nous préoccuper dès aujourd’hui selon lui, c’est la gouvernance de cette IA faible.

Lorsque l’on sait que 10 milliards de photos sont postées sur Facebook par jour, des quatre coins du monde, que rien qu’en France, nous sommes des importateurs massifs d’IA, il y a de quoi se poser des questions par rapport à l’hégémonie des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) face à ces données. Comme le dit Laurent Alexandre, « nous sommes les idiots utiles de l’IA ». Le développement exponentiel de l’intelligence artificielle faible pose en effet un problème en termes de souveraineté numérique. Face à ces mastodontes qui récoltent de la data à longueur de journée, et qui créent des algorithmes à même de traiter ces données, la France fait pâle figure, car elle ne participe pas ou très peu à cette génération de valeur.

Plus de détails en vidéo #LaVéritéEstAilleurs

On a prévu une suite ! C’est que le sujet est vaste. Rendez-vous en septembre pour l’épisode 2.