Souvent jugé individualiste et guère chaleureux, le management à la française incarne néanmoins une véritable culture de la performance. Mais si l’image du petit chef français intransigeant perdure, les entreprises de l’Hexagone tendent à améliorer l’aspect collaboratif de leur méthode de travail. 77,9 % des cadres internationaux apprécient même la propension des Français à pousser leurs collaborateurs pour atteindre le meilleur de leurs capacités. Alors en attendant la pause-déjeuner « so frenchy », entamons ensemble un tour du monde des pratiques managériales de nos voisins.

Etat-Unis : pousse-toi que je m’y mette

Culture de la réussite, le fameux « rêve américain » oblige : pour les entreprises américaines, seul le résultat compte. Moins rigides qu’en France, les managers se confrontent plus volontiers aux idées de leurs collaborateurs. Ils cultivent la concurrence et l’individualisme de chacun pour pousser à gagner en autonomie et en prise d’initiatives. Cela se traduit souvent par une course aux chiffres et par des relations entre collègues uniquement focalisées sur le travail. Pas de temps à perdre, les salariés sont là pour leur réussite personnelle et leur carrière. Le travail et rien d’autre. La solidarité, de même que les longues argumentations internes caractéristiques de la France n’ont pas lieu d’être. Une fois que le manager a tranché, on ne discute pas et on avance. 

Japon : tout pour mon entreprise

La notion de fidélité dans le travail est très importante au Japon. Le succès d’un individu est attribué à l’ensemble de l’entreprise, et les salaires qui sont composés en moyenne à 60 % de primes. Les décisions proviennent des dirigeants qui en cas d’échec, en assument l’entière responsabilité. Un licenciement est considéré comme une erreur de recrutement ou un manque d’action des supérieurs.

Dans cette optique collective de la réussite, le management japonais œuvre pour aider et toujours favoriser le consensus plutôt que l’affrontement. Son rôle est d’animer et de booster l’activité de ses équipes. La responsabilisation est essentielle, car le modèle japonais se distingue par un contrôle qualité permanent. Un effort d’amélioration continue, qui est le reflet d’un système élitiste où il faut être le meilleur pour progresser.

Canada : le collaboratif par excellence

Les entreprises canadiennes ont généralement une vision très pragmatique du management. La direction revient au plus capable. Les notions d’ancienneté ou de qualification n’entrent pas en compte. Le but principal est de favoriser un travail en équipe efficace. Le chef élabore les instructions nécessaires et entame sa mission de coordination entre les uns et les autres. Il privilégie une grande autonomie, agissant pour motiver et favoriser la collaboration.

Au Canada, une présence trop marquée du responsable est très mal perçue. Elle est rapidement cataloguée comme un manque de confiance et un mauvais management.

management à l'étranger

Allemagne : le modèle de réussite

Assez proche du modèle canadien, le management allemand prône le travail d’équipe et prend en compte les idées des salariés. Les responsables mènent un véritable leadership pour motiver leur personnel dans une optique participative. Ils ont une vision bien moins individualiste qu’en France et affectionnent le dialogue et les compromis.

Cela se traduit par un gain de temps au quotidien, à l’image de leurs réunions. Moins de désaccords, donc moins de discussions. Mieux organisées, elles sont plus courtes et vont plus vite à l’essentiel. Du type de management, émanent des visions du travail totalement différentes. Alors qu’en France un cadre restera tard afin de prouver son implication, en Allemagne, il partira à l’heure et démontrera ainsi son efficacité en finissant son travail à temps. Un mal français qui s’appelle le présentéisme.

Norvège : le modèle aux petits oignons

Le système de management norvégien est basé sur une étonnante transparence et découle de comportements bien différents de ce que nous connaissons en France. Cela commence par des écarts de salaire bien moindres et une barrière presque inexistante entre les responsables et leurs collègues. Il n’est pas rare de retrouver l’ensemble des managers dans un openspace sans prétention. Disponibles et abordables, ils n’ont pas un rôle de leader, mais de décisionnaires.

Comme beaucoup de pays scandinaves, la Norvège met le bien-être de ses travailleurs au premier plan. Un salarié en situation de stress est pris très au sérieux et les managers font rapidement le nécessaire pour trouver une solution adaptée. L’honnêteté est en outre de mise et ne souffre d’aucun jugement en retour. si quelqu’un doit partir en urgence pour un problème personnel, pas la peine d’inventer une excuse, il le dit clairement. Il ne sera mal vu ni par ses collègues ni par la direction.

Italie : la grande famille

Le cliché des grandes familles italiennes demeure tant il est présent dans la façon de diriger en entreprise. Une prise de décision très paternaliste est encore très caractéristique, surtout dans les PME. Les responsables décident et les salariés exécutent.

Néanmoins les Italiens sont des personnes plutôt joviales et qui sympathisent facilement. Le contact se fait donc facilement au sein des équipes. Ils sont également soit très fidèles à leur entreprise soit très distants ! Non, la demi-mesure n’existe pas. Quant aux pauses café, il parait qu’elles valent le détour, autant pour le goût inimitable de expresso italien que pour les conversations qui se greffent autour. C’est aussi ça la famille !

Royaume-Uni : après le meeting, rendez-vous au pub

En Grande-Bretagne, on pourrait facilement imaginer un responsable distingué, au costume impeccable, donner des ordres respectés à la lettre avec le flegme qui le caractérise. On est pourtant bien loin de la vérité. Le management à l’anglaise se rapproche plus de celle d’une équipe de foot, où le manager joue plutôt le rôle d’un coach dont le but est de motiver ses troupes pour qu’elles soient le plus efficaces possible. Le concept du consensus est une notion importante dans la prise de décision.

La relation entre le salarié et son responsable est très directe au Royaume-Uni, contrairement à une majorité d’autres pays. Le pub est un lieu incontournable dans la culture anglaise où les liens avec la hiérarchie s’aplanissent et se renforcent. Pas sûr que la majorité des Français apprécieraient de boire un verre avec leur responsable après le travail !

Autre élément essentiel du management anglais, les meetings. Les réunions commencent à l’heure et chacun parle l’un après l’autre. Le but n’est pas la négociation ou le débat, mais la définition d’un plan d’action. Les conflits et les critiques y sont prohibés et se déroulent uniquement en dehors.

Alors, petit sondage : quel est le management qui vous irait le mieux ? Dites-nous tout !

 

SOURCES :

Le management à la française critiqué par les étrangers

Le management japonais

Laure, ingénieure expatriée en norvège

 

Travailler au Canada, comment s’intégrer sur le marché du travail

Le management à l’allemande, un modèle pour les entreprises françaises

Travailler en Angleterre, les dos and dont

Italie, les pratiques managériales

Le management à l’américaine, bonne idée ou mythe

 

Travailler aux Etats-Unis, comment au s’adapter au management à l’américaine