Le 24 juin dernier Sparknews organisait sa cinquième édition de l’Impact Journalism Day (IJD) et pour la première fois, invitait les internautes à choisir leur « innovation coup de cœur » parmi les 60 présentées…

Quatre sont arrivées ex aequo… pleines de promesses, mêlant gravité et insouciance, quatre histoires, qui une fois de plus, nous prouvent que le pire n’est jamais certain et même, que le meilleur pourrait être à venir. Nul besoin d’attendre que les pouvoirs publics trouvent d’improbables solutions qui ne nous demanderaient aucun effort ni sacrifice.

Il suffit de s’y mettre, chacun, individuellement : la preuve.

Conte n°12

[ Zohra] Quand l’émerveillement annonce le changement

Zohra

La formation Zohra est constituée de 35 virtuoses, âgées seulement de 13 à 20 ans (https://www.anim-music.org/girls-ensemble/ ) : certaines d’entre elles ont grandi dans la rue, d’autres viennent d’orphelinats… toutes ont eu la chance de croiser la route d’Ahmad Sarmast, musicologue et trompettiste.

Elles s’appellent Negina, Zarifa ou Mina. Mina, la petite trompettiste qui est à l’origine de la formation, a dû retourner auprès de sa famille et il semble qu’elle n’ait pas eu le droit de revenir à l’école de musique. Negina, la chef d’orchestre, a reçu des menaces de mort et sa famille a dû déménager… (Le Figaro, janvier 2017, Zohra, l’orchestre… : http://bit.ly/2feY2gG). Qu’importe. Les jeunes filles s’obstinent : elles veulent jouer.

Elles viennent d’un pays montagneux qui se trouvait à la croisée des grandes civilisations (perse, chinoise, hindoue, bouddhique, grecque…) : l’Afghanistan. Un royaume qui sut en son temps accueillir et s’inspirer des marchands et aventuriers qui parcouraient la Route de la soie, pour créer un art original qui, n’en déplaise aux talibans, marquera fortement le monde musulman. La musique afghane, elle, ressemble à la carte des ethnies qui composent le pays : une mosaïque, plurielle, colorée.

La musique ayant été interdite sous le régime talibans (1996-2001), il faudra attendre 2008 pour qu’une « mission de reconstruction de la musique afghane » soit lancée, sous la direction du Dr Sarmast et grâce aux fonds de la Banque mondiale. Son école, qui enseigne également la pratique d’instruments occidentaux, accueille aujourd’hui 250 élèves, dont la moitié issue de milieux très défavorisés. 75 sont des filles. Parmi elles, Mina avait souhaité créé un « groupe » comme le font les garçons…

Mina n’a pas pu en être, mais ses amies, elles, portent haut le flambeau de leur culture et de la condition de la femme dans leur pays : après avoir émerveillé les plus grands au forum économique de Davos en janvier dernier, elles ont entrepris une tournée mondiale. Tranquillement mais sûrement, les choses avancent en Afghanistan… en musique.

À suivre…

Retrouvez les contes 1 à 8 sur le blog Nextdoor ici, et 9 à 11 par là.