Le 24 juin dernier Sparknews organisait sa cinquième édition de l’Impact Journalism Day (IJD) et pour la première fois, invitait les internautes à choisir leur « innovation coup de cœur » parmi les 60 présentées…

Quatre sont arrivées ex aequo… pleines de promesses, mêlant gravité et insouciance, quatre histoires, qui une fois de plus, nous prouvent que le pire n’est jamais certain et même, que le meilleur pourrait être à venir. Nul besoin d’attendre que les pouvoirs publics trouvent d’improbables solutions qui ne nous demanderaient aucun effort ni sacrifice.

Il suffit de s’y mettre, chacun, individuellement : la preuve.

Conte n°15

[Tatouage] Les courageuses princesses, la joyeuse fée et le lamentable seigneur

Dans un lointain, immense et vénérable pays, une princesse slave était bien malheureuse. Son prince avait pris l’habitude de déverser ses frustrations sur elle, la battant pour un rien. Cette princesse avait des milliers d’amies : elles étaient 36.000 à être ainsi frappées chaque jour par leur prince charmant.

Constatant que 14.000 d’entre elles mourraient chaque année, le seigneur alerté légiféra.

Las, lui-même n’était pas un tendre, la loi ne tourna guère en faveur des princesses (Le Monde, janvier 2017 : La Russie dépénalise la violence domestique…), et ces dernières furent sommées de souffrir en silence et de tenir leur foyer sans piper mot.

Certaines jeunes femmes choisirent de s’enfuir. Cependant, où qu’elles aillent, les petites princesses portaient toujours sur elles les stigmates de leur infâme destin… partout où elles allaient, les regards interrogateurs et suspicieux se posaient sur leur pauvre corps, leur interdisant d’oublier et de commencer une nouvelle vie.

evgunéia tatouage

Aux confins du royaume, une fée aux doigts d’or croisa la route d’une autre, montée sur un chariot multicolore qui se déplaçait dans un tonnerre de Samba. La fée de Bachkirie (Oural méridional) qui faisait mine d’être tatoueuse, s’appelait Evguenia Zakhar et la légende dit qu’elle était d’un naturel joyeux et insouciant : d’un coup de baguette magique, elle entreprit de faire disparaître les vilaines cicatrices des princesses.

Mais la transformation était à ce prix : extrêmement douloureuse, cette métamorphose ne pouvait se faire que si les malheureuses confiaient leur fardeau de plomb à la fée, qui se chargeait alors de le transcender en un motif qu’elle gravait à jamais sur leur cœur.

Après cet ultime calvaire, les petites quittaient la hutte d’Evguenia légères comme des papillons, les ailes décorées de dessins qui racontaient leur histoire. Une histoire avec laquelle elles pouvaient enfin être en paix, n’en déplaise au seigneur et à ses tristes princes.

Voilà chers amis, c’est fini pour cette série… si ces contes vous ont plu, ne manquez pas de remercier @Sparknews et #ImpactJournalismDay.

À bientôt pour de nouvelles histoires.

Retrouvez les contes 1 à 8 sur le blog Nextdoor par ici et 9 à 11 par là.