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Ne restons pas les idiots utiles de l’IA – épisode 4

Sébastien Morizot, VP digital & CDO chez Nextdoor depuis deux ans, répond à nos questions sur l’IA, au gré des épisodes de notre saga. L’épisode 4 est l’occasion de lever un peu plus le voile sur l’IA faible.

Le programme Deep Blue a battu Kasparov aux échecs en 1997, Watson a gagné au Jeopardy en 2011, Alpha Go a vaincu Lee Sedol au jeu de go en 2016 et voilà que Libratus et DeepStack gagnent cette année des parties de poker…
Cela reste donc de l’IA faible, même quand un programme se montre capable de bluffer (et donc, d’intégrer le mensonge à son apprentissage) ?

S.M. : Oui, c’est une IA capable, sans être visible, de travailler par déduction et avec intelligence, pour résoudre une solution plus vite que le cerveau humain.

Mais comme le disait Claude Touzet, chercheur sur l’IA au CNRS : « On estime que le jeu de go, c’est du raisonnement. Mais en réalité, l’intelligence artificielle qui maîtrise le jeu de go n’a pas de cheminement logique. Elle arrive à prévoir un usage en ayant vu des millions de combinaisons. Pour ce faire, le système utilise des technologies qui existent déjà depuis un ou deux ans, comme la reconnaissance vocale ou d’images dans nos smartphones ». 

On a lu cet été que deux programmes de Google avaient élaboré un langage propre pour parler entre eux : un ordinateur peut-il développer une intention non programmée initialement et surtout « non prévue » par son concepteur ?

S.M. : Il est en effet prouvé qu’une IA est capable d’apprendre et de générer quelque chose de nouveau, c’est le cas ici.

Plus incroyable encore est de constater la faculté d’une modélisation digitale 3D d’apprendre à marcher.

Propos recueillis par Laëtitia, Plume, etc. (écriture, trouvailles et corrections), pour Nextdoor

À propos de Sébastien Morizot, VP et CDO chez Nextdoor 

Sébastien est VP digital & CDO chez Nextdoor depuis deux ans. À ce titre, il dote les Nextdoor de la connectique et équipements high tech utiles, mais accompagne également les entreprises dans leur transformation digitale globale : sa mission est alors de doter les équipes d’outils informatiques qui répondent précisément à leurs besoins (et autant que possible, à leurs envies !), mais aussi d’équiper le bâtiment de toutes les options nécessaires (matériel informatique, sécurité, connexion, appli…), ce dernier étant pensé comme un levier de bien-être et de performance.