Vous avez remarqué ? Nous avons écrit « Toutes et tous » et non pas « Tous.tes ». C’est qu’à l’heure du débat sur l’écriture inclusive, il y a des questions importantes à se poser en écrivant, surtout lorsqu’il s’agit de parler d’un sujet comme la misogynie. De là à dire que la langue française est misogyne, il n’y a qu’un pas, non ? Et comment cette misogynie transmise par le langage se répercute-t-elle au monde de l’entreprise ? On regarde cela de plus près.

En gros, aujourd’hui, être misogyne, c’est ça.

« Ça piaille par ici », « elle a couché pour arriver à ce poste », « c’est qui le patron ? ». Voici trois expressions qui reflètent assez bien la misogynie rampante propre à l’entreprise. La femme est alors vue de quatre façons :

  • Comme une potentielle incompétente, bonne à s’occuper des tâches les plus basses, tout en se mettant du vernis.
  • Comme une collègue en transit, susceptible à tout moment de déclarer leur bambin malade, ou d’annoncer une maternité.
  • Comme une Marie-couche-toi-là, prête à donner de son corps pour monter en grade sans compétence aucune.
  • Comme un impossible et improbable patron, incapable d’absorber la pression inhérente et encore moins d’avoir une vision.

Déjà, rien qu’avec ça, les femmes en prennent pour leur grade et partent avec un handicap dans l’entreprise. Elles doivent faire face aux préjugés présents dans la société française, européenne, occidentale, mondiale. Rien que ça.

Mais attention, il n’y a pas que les hommes qui n’aiment pas les femmes. Les femmes ont également tendance à ne pas beaucoup aimer leurs congénères. Oui, oui, les femmes n’aiment pas les femmes. Rien à voir avec une chanson de Mécano. Là, on parle de comportements, de préjugés et même de discrimination. D’ailleurs, ne dit-on pas qu’il « n’y a rien de pire qu’une équipe constituée uniquement de femmes ? » Quand les uns se pensent supérieurs de par leur condition « testiculaire », les autres sont influencées par la société, leur éducation, ou la télévision elle-même. À moins que ce ne soit leur manque de confiance en elles, ou encore les relations mère-fille à en croire certains psychologues spécialistes du travail. Rendez-vous compte que 88 % des femmes disent préférer travailler pour un homme. Voilà, autant dire que ce n’est pas gagné pour changer les choses demain.

 

Et demain, on fait comment pour ne plus être misogyne ?

Il y a un problème entre l’entreprise française et les femmes. C’est une certitude. Mais est-ce que l’on fait quelque chose pour que cela change ? Parce que juste faire un constat désolant en disant que les femmes n’ont pas fini d’être victimes de préjugés, cela ne va pas faire avancer le schmilblick. On est d’accord ou on est d’accord ?

Alors, selon vous, comment faire évoluer les mentalités demain ? Déjà, on vous conseille de noter dans votre agenda cet événement « On change quoi ? Le sexisme ordinaire en entreprise », qui se propose de faire le tour de la question et d’essayer de trouver des solutions grâce à une intelligence collective. C’est déjà un bon début. C’est déjà la base.

Ensuite, on se rend compte que la misogynie n’est qu’un des symptômes d’une société qui a besoin de se réinventer et d’une entreprise qui a besoin de changer ses codes. Revoir le fonctionnement hiérarchique des sociétés en laissant de côté le mode pyramidal pourrait être un bon début. Instaurer un management par la bienveillance gommerait aussi bien des soucis relationnels. Il ne s’agit pas de construire un monde à la Bisounours, où tout le monde serait mignon et gentil. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de tendre vers cet objectif. L’idée, c’est d’enrayer la montée galopante du stress des collaborateurs. L’idée, c’est de redonner envie aux équipes de s’investir dans des projets sur le long terme. Pour quoi faire ? Pour enrayer le turn-over, pour avoir des équipes plus productives et créatives, pour être une entreprise qui dure.

En gros, tout ça, manager, se couper des préjugés, être gentil tout simplement, et bien cela s’apprend. Oui, des formations existent pour permettre aux managers d’être bienveillants, leur donnant l’occasion d’instaurer plus de justice et d’équité au sein de leurs équipes. Et ne plus être misogyne (en entreprise et ailleurs), cela aussi, ça s’apprend, que l’on soit un homme ou une femme, d’ailleurs. À bon(ne) entendeur/deuse. 😉