Le câlin ! Cette coutume familière passe d’anodine pour certains, gênante pour beaucoup et tabou pour d’autres. Elle a pourtant bien des vertus, aussi bien physiques que relationnelles. Mais a-t-elle sa place dans le monde de l’entreprise ? Et surtout, pourquoi certains y sont réfractaires ? Est-ce de la timidité ? De la gêne ? Ou encore l’abus d’eau de Cologne de votre collègue ? Menons l’enquête sur cet acte bien familier, qui pourrait devenir votre résolution bien-être 2018.

Câlin, mode d’emploi

Un câlin est une forme de communication non verbale extériorisant un sentiment d’amitié, d’affection, de fraternité, d’amour ou de sympathie. On considère un câlin lorsque les protagonistes forment une accolade, c’est-à-dire qu’ils se prennent complètement l’un et l’autre dans les bras. C’est un geste plus ou moins naturel lorsqu’il vient d’un membre de notre famille, de notre partenaire ou même de nos amis, mais beaucoup moins lorsqu’il s’agit de notre entourage professionnel. Et pourtant, dans cet univers où le stress et les tensions sont bien souvent au rendez-vous, le câlin aurait toute sa place pour désamorcer les petites crises passagères et les vagues à l’âme. Pourquoi ? Parce qu’un câlin apporte plus qu’une poignée de main. Oui, oui.

« A hug a day keeps the doctor away ! »

Que se passe-t-il lorsque l’on fait un câlin ? Au-delà de la simple chaleur qu’il produit, le corps libère de l’ocytocine surnommée hormone du bonheur, et procure une sensation de bien-être. Cette dernière permet aussi de faire chuter le taux de cortisol, et donc de réduire toute sensation de stress. Inutile de demander une ordonnance à votre médecin, un simple câlin de 5 à 20 secondes permet de planer pendant plusieurs heures, à en croire Céline Rivière, psychologue clinicienne, auteure du livre La Câlinothérapie. Mais passons sur les réactions chimiques, le câlin c’est surtout une histoire de sentiments ! Lorsque l’on enlace son prochain, on retourne en enfance : les câlins nous apportent un sentiment de sécurité, de bienveillance. Il établit une relation de confiance avec la personne en quelques instants. Une sorte de madeleine de Proust à déguster partout, même avec un collègue.

Tu câlineras ton prochain !

Des câlins oui, mais à qui ? Potentiellement à toute personne ouverte (et consentante) autour devous : alors, lancez-vous, même si cela doit être graduel afin de vous assurer de la réceptivité de votre « cible ». Plus la personne est proche, plus les effets sont décuplés. En entreprise, préférez donc un collègue avec lequel vous vous sentez en confiance : n’en déplaise aux possessifs ou autres exclusifs, il n’y a en soi rien d’indécent ni de tendancieux dans un simple câlin.

Le cadre imposé par la société actuelle pousse les adultes à de moins en moins envisager le câlin comme un outil de communication et de création de liens. On nous pousse à désapprendre le câlin, à le sortir de notre quotidien, on nous met ainsi dans un état de manque, comme le souligne Céline Rivière : « L’éducation a appris à notre corps à se cadenasser. Cet élan, nous le réfrénons par crainte du jugement, par peur du ridicule, de la méprise ou par respect d’une certaine morale. Le toucher est devenu aseptisé. Et si c’était une erreur ? »

Et si vous deveniez celui ou celle prêt ou prête à franchir la barrière, à faire des câlins à qui mieux mieux à vos collègues, à les abreuver de bien-être l’espace de quelques secondes, pour eux, pour vous, pour vous sentir bien avec eux, tout simplement.

Des câlins oui, mais en entreprise…

Bien sûr, l’entreprise est un espace aux codes bien spécifiques, beaucoup de paramètres se nouent sur votre lieu de travail, notamment sur l’image que vous donnez de votre professionnalisme à vos collègues et à votre hiérarchie. Il vous faut un environnement de confiance et mature, où l’on peut compter les uns sur les autres professionnellement, mais aussi personnellement. Et si le cadre de l’entreprise n’est pas propice au contact physique pour quelque raison qu’il soit, n’hésitez pas à l’utiliser en dehors des murs du bureau : à l’occasion d’un pot de départ, d’un afterwork. Prouver votre amitié à un collègue ne heurte personne, et ne peut que vous rapprocher de la personne « câlinée ».

Voilà, vous savez tout (ou presque) à propos des câlins. Il ne vous manque plus qu’un peu d’expérience ! Mais n’oubliez pas, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités : votre intuition jouera beaucoup afin de déduire du bon moment et du bon endroit pour user de votre atout. Il ne tient qu’à vous d’amener une touche de douceur dans votre monde, en vous érigeant en rempart contre le stress et la morosité. Alors, ouvrez les bras, et câlinez !