En plein essor depuis une bonne quinzaine d’années, les réseaux professionnels féminins (plus de 500 selon Le Monde en novembre 2017), apprivoisent la notion de « gestion de carrière », si chère aux hommes. Ils de développent aujourd’hui sur toile de fond de débats houleux, mêlant hashtags coups de poing, délation et défense des libertés féminines. Au centre notamment des débats, la question du bien-être de la femme au travail et de sa relation à son écosystème, qui est précipitée au premier plan depuis plusieurs mois. Explications.

Se rassembler pour mieux évoluer…

« On ne naît pas femme, on le devient. » La citation fêtera bientôt ses 60 printemps et l’on remercie donc bien Madame Simone de Beauvoir pour sa clairvoyance, tant il est vrai que le sujet se pose dans le monde du travail.

Mais parce que fort heureusement, toutes ne sont pas prêtes à renoncer à la maternité, l’heure est plus que jamais à l’organisation et au soutien en matière de croissance professionnelle et d’équilibre entre vie pro et perso.

Face au sexisme ambiant, les réseaux féminins misent sur la bienveillance pour pallier le sentiment de solitude et une confiance en soi en berne. Et si on en profitait pour décompresser un peu et construire un projet de vie dans la longévité ?

À chacune chaussure à son pied

S’unir, débattre et s’entraider en partageant carnets d’adresses et recommandations, les cercles professionnels réservés aux femmes ont plusieurs facettes. Remettons un peu d’ordre dans tout ça :

  • L’un des plus plébiscité ces dernières années est le réseau interne aux entreprises, comme ceux de la SNCF et IBM. Parce qu’au-delà du désir de se donner bonne conscience, les grandes entreprises qui les ont introduits sont aujourd’hui témoins d’une performance accrue par la plus grande mixité dans leurs dirigeants. Entre déchiffrage d’une culture d’entreprise vieillotte et complexe et soutien au positionnement sur un poste à responsabilité, l’expérience de celles qui ont réussi à gravir les échelons est précieuse.
  • Les réseaux féminins existent aussi par secteur d’activité. En tête l’on trouve le numérique avec Girlz in Web et StartHer, mais d’autres secteurs actifs sont par exemple la finance avec FINANCI’ELLES à l’initiative de Christine Lagarde, l’automobile, les cosmétiques et le tourisme. Sont également inclus les réseaux exclusifs à une profession comme les juristes et les médecins. Il s’agit alors d’y résoudre les problématiques propres à un secteur souvent majoritairement masculin.
  • Intéressez-vous aussi aux réseaux transversaux à l’instar du PWN, Professional Women’s Network. Sous une vision d’ensemble, ceux-ci permettent d’élargir ses horizons ou même de trouver un mentor pour piloter sa carrière en ces temps tempétueux. Partager des ressources pour gagner en confiance et se sentir moins seule n’est pas spécifique à un secteur d’activité.
  • Il existe également des réseaux d’écoles comme la GEF qui rassemble les grandes écoles.  Dauphine, Polytechnique ou bien HEC en proposent toutes un où les anciennes préparent les plus jeunes du marathon du monde du travail. On s’y engage pour les générations à venir.

Dessiner des cercles d’avenir

Au-delà de la bonne conscience, du néo-féminisme et des véritables girls bosses, ces cercles se doivent d’être vertueux et de répondre aux questionnements actuels tels que le télétravail et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Dans un monde parfait, ces réseaux perdraient leur raison d’être au sein d’une vraie négociation paritaire et l’acceptation d’une nouvelle structure sociétale. Mais d’ici là les mots de Dominique Wolton, directeur de l’Institut des sciences et de la communication du CNRS sonnent juste : « Participer aux réseaux féminins aujourd’hui, c’est ensemencer le monde de demain. »

Alors on en prend de la graine et comme dirait Queen B : « Who run the world déjà  ? »

CONTENU BONUS 

Autres tendances :

– le speed networking entre femmes permet d’échanger sur divers sujets et réseauter en peu de temps,

– le « reverse mentoring », quant à lui (mis en place chez Sanofi), place des salariées plus âgées sous l’aile des plus jeunes de la génération Y.

*Même si beaucoup sont payants il existe une diversité de réseaux de qualité gratuits. Marie-Claire a mis à disposition une liste sur son site.