Romain Bisseret, master trainer & executive coach chez GTD France est expert en productivité personnelle. De passage chez Nextdoor, il a balayé d’un revers de main nos bonnes et fastidieuses résolutions 2018, pour les remplacer par une seule, nettement plus attrayante : pratiquer la méthode Getting things done (GTD), ne plus se laisser submerger par les mille et une informations qui polluent nos pensées et optimiser notre emploi du temps. Explications.

« La GTD, c’est faire en sorte que les choses soient faites. »
Romain Bisseret

 

Premièrement, la GTD en bref :

Romain Bisseret

C’est un peu le mouchoir noué dans la poche. À un détail près : vous ne risquez plus de vous demander « pourquoi diable ai-je fait ce nœud ? ».

C’est donc une façon de déposer ce qui vous trotte dans la tête dans un endroit adapté, afin de libérer votre esprit. Et lui permettre de se consacrer pleinement à ce qu’il a à faire à l’instant T.

Ce n’est pas un détail : sachez que notre cerveau a un système de rappels automatiques certes fort utile, mais qui peut vraiment nous ralentir, voire saboter nos efforts. Notamment parce qu’il n’a aucune notion de pertinence : il pourra donc nous rappeler d’acheter du lait en pleine conversation téléphonique professionnelle (alors que nous avons n’avons prévu de faire les courses qu’à la fin de la semaine…) À part nous perturber, cette information parvenue au mauvais moment ne nous est d’aucune utilité. Car rien ne dit que nous penserons à acheter du lait en faisant les courses quelques jours plus tard. Bref cette fonctionnalité de notre cerveau est un peu mal fichue. Mais ce n’est pas une fatalité !

Bruce Lee : « Be water, my friend »

Finalement, se mettre à la GTD, explique Romain Bisseret, c’est un peu comme bloquer les notifications grâce à un outil qui les trierait et nous permettrait d’aller les consulter plus tard… lorsque ce serait le bon moment pour le faire. C’est se donner une chance de pouvoir travailler sans être interrompu par les « au fait, il faut que j’appelle – », « mince j’ai encore oublié de – », « m… !!! J’ai laissé passer la dead line pour – ».

« Votre cerveau est fait pour avoir des idées,
pas pour les retenir. »
D. Allen

Deuxièmement, des vertus de la GTD :

Nous avons compris quel est l’intérêt de pouvoir récupérer toutes nos capacités cognitives pour les dédier à une unique tâche. Ainsi « dépollués », nous sommes alors incomparablement plus efficaces, c’est-à-dire bons et rapides.

Mais une autre vertu de la GTD est de nous permettre de pondérer nos réactions, en fonction de l’importance et l’urgence de la tâche. Ce faisant, nous nous donnons une chance de pouvoir la réaliser au moment qui sera le plus approprié : c’est-à-dire, lorsque nous sentirons que nous serons très bons et très rapides.

« Dans la GTD, on ne priorise pas et ne planifie rien à l’avance :
on développe notre capacité à prioriser à l’instant T. »
Romain Bisseret

Comprenez donc bien que la GTD est tout le contraire d’une To do en forme de calendrier qui listerait nos priorités. Non ! Cette méthode de travail consiste à stopper les bavardages dans notre tête. Pour nous apprendre à accomplir les choses avec pragmatisme et au bon moment. Ce qui permet de faire d’une pierre deux coups : augmenter notre confort… et nos performances.

 

Troisièmement, vous voilà séduit par la GTD ? Voici la méthode :

Vous voulez connaître le principe. Nous vous invitons à visionner l’intervention de Romain Bisseret. Disons que la GTD consiste à :

1 – noter (capturer) toutes les actions que vous avez à mener (choisissez ou non  d’appliquer cette méthodologie aux deux sphères privées et pro) : ce faisant, vous libérez instantanément votre esprit (j’ai testé !).

2 – Ensuite, vous ferez trois tas (clarifier), dont un partant directement à la poubelle… Profitez-en pour vous débarrasser de tout ce qui prend moins de deux minutes à faire : vous y verrez déjà beaucoup plus clair (testé et approuvé aussi !).

3 – Triez ce qui reste (organiser) non pas par thème mais par « contexte » : tous les appels à passer, les reporting à faire, les sujets qui méritent de se poser, etc. Car notre cerveau a un côté diesel… il apprécie d’accomplir le même type de tâches à la chaîne. Lorsque vous êtes lancé, continuez, vous gagnerez un temps fou (ah lala… je l’ai toujours su).

4 – Prenez l’habitude de faire une revue hebdomadaire (revoir), afin de compléter et purger vos listes (il existe pour cela une méthodologie bien précise).

5 – Enfin, vivez normalement ! Faites votre travail, mais avec intelligence (s’engager) ! Prenez votre planning (là aussi, la GTD fourmille de recommandations utiles), voyez ce que vous avez à faire aujourd’hui et organisez-vous en fonction de critères qui relèvent du bon sens : suis-je en forme ; suis-je au calme ; ai-je le temps ?

 

Et voilà ! Selon Romain, il faut deux heures pour comprendre les grandes lignes de la GTD (le temps pour vous de visionner la conférence), deux jours pour la mettre en place et deux ans pour qu’elle devienne une hygiène de vie… Pour avoir entamé ma révolution, je veux bien croire en la puissance d’une telle façon de procéder et j’ai même immédiatement importé certains principes à la maison.

Croyez-le ou non, l’un de mes enfants de 9 ans qui trainait par-là alors que j’en parlais à mon mari, a demandé à pouvoir faire ses devoirs quand lui estimerait que ce serait le bon moment : nous n’avions pas grand-chose à perdre… On s’est quand même mis d’accord pour maintenir un certain nombre de plages horaires vides dans la semaine, pour avoir des moments propices (mais non obligatoires : recommandation de la GTD). Depuis, il a à peu près trois jours d’avance sur son cahier de textes ! À bon entendeur !

 

À propos de Romain Bisseret :

Chef d’entreprise, producteur de cinéma et acteur professionnel, Romain s’est tourné en 2010 vers l’accompagnement des professionnels qui souhaitent optimiser leurs performances et notamment
gagner en efficacité et pragmatisme.

Romain est également auteur de : 60 minutes pour reprendre le contrôle de ses mails, paru chez Gereso éditions en octobre 2017. Retrouvez l’article correspondant en page 5 de notre journal, le Modjo by Nextdoor.

 


À lire également :
David Allen, S’organiser pour réussir, éditions Leduc, 2015.