Avant, le duo business et sport concernait surtout des passionnés de golf, discutant millions de dollars entre deux coups. Les autres sportifs plus aguerris réservaient ces instants de pause à leur vie privée, loin des sentiers de l’entreprise. Désormais, le sport a pris ses quartiers en entreprise, il s’exerce entre collègues et se vit tout au long de la semaine, matin, midi et soir, entre deux réunions. Focus sur un nouvel art de vivre l’entreprise.

 

Le sport, nouvelle zone de networking

Tandis que nos métiers nous poussent de plus en plus à rester assis les fesses collées à une chaise, quelques applications et autres montres connectées sont là pour nous rappeler qu’il est bon, voire important de bouger, de se lever toutes les heures, de faire du sport régulièrement, d’avoir une bonne hygiène de vie (cf. l’Apple Watch ou encore la Gear Fit de Samsung). Et c’est assez nouveau. Auparavant, le sport se réduisait à quelques sportifs de haut niveau, à des moments passés devant la télé, à regarder les athlètes se dépenser pendant les Jeux olympiques ou les coupes du monde de foot. Aujourd’hui, dans une société devenue trop sédentaire, le sport est conseillé, presque comme une ordonnance médicale. Il se partage avec ses amis, avec sa famille, et de plus en plus avec ses collègues ou relations de travail.

Eh oui, ils sont nombreux en entreprise à préférer se réunir pour pratiquer une activité sportive, plutôt que de s’attabler devant un verre de vin et une planche de charcuterie. Les grands marathons et autres évènements sportifs amateurs peuvent même se transformer en zones de networking, où l’on croit en l’intérêt de se dépasser, d’aller au bout de soi-même. C’est qu’une personne qui est en mesure de courir 40 km et des poussières doit certainement avoir des qualités et un goût prononcé pour l’effort et les défis. Cette nouvelle pratique a même un nom : le sweatworking. Dans « sweat », il faut entendre « sueur » bien sûr. Et ce n’est plus réservé à une élite de business men. Elle s’est généralisée. La preuve, avec par exemple la société Meet & Sweat, qui allie réseautage et pratique du sport.

 

Le sport, grande tendance de team bulding

Autre tendance : il n’est plus tabou de transpirer entre collègues. Les coureurs (ou runners) du midi se réunissent en groupes par niveau et se lancent régulièrement dans l’arène. D’autres entreprises, qui ont les moyens d’offrir plus qu’une douche à leurs collaborateurs, ont mis de vraies salles de sport à leur disposition, avec sauna, hammam et professeurs tout en muscles au programme. De quoi donner envie de faire des heures sup’ ! Prenez l’exemple de AccorHotels, TF1, L’Oréal ou Microsoft France. Ces entreprises ont compris l’importance du sport pour le bien-être de leurs salariés : la pratique du sport augmenterait la productivité d’un collaborateur autrefois sédentaire de 6 à 9 % selon une étude de Goodwill Management. Cela peut représenter un gain de chiffre d’affaires de 10 %, toujours selon la même étude. De quoi convaincre les patrons les plus sceptiques.

Ces entreprises ont également saisi que le sport est vecteur de cohésion entre équipes. Créer du lien entre collègues, au-delà des réunions qui trainent en longueur, des dossiers à rendre et des impératifs de dates, cela a du bon. Quoi de mieux en effet pour briser les codes et les niveaux hiérarchiques, que de jouer au foot avec son supérieur ? Quoi de mieux pour faire connaissance avec son collaborateur du 3e étage, que d’aller à une petite séance de gym ensemble ? Pour exemple, des tournois de football interentreprises sont déjà monnaie courante et permettent de fédérer un véritable esprit d’équipe au sein des entreprises. Il suffit de se rendre sur le site de la FSGT, Fédération Sportive et Gymnique du Travail, pour comprendre d’ailleurs que le football n’est pas la seule discipline concernée.

 

Demain, tous sport addicts ?

Alors que certains peinent encore à se laisser convaincre par ce monde plus ou moins merveilleux de l’effort, d’autres sont tombés dedans à pieds joints, comme Obélix dans la potion magique. Et depuis, c’est devenu leur carburant, leur moteur, leur indispensable équilibre. Ils enfourchent leurs basquets, avides de nouvelles sensations, de performances, de dépassement de soi et surtout d’une belle montée d’endorphine, qui à la fin de l’effort, permet juste de se sentir bien.

Et cette sensation-là, elle a quelque chose d’enivrant et d’addictif. Elle se consomme dès lors comme une drogue, à horaires fixes, toutes les semaines, tous les deux jours ou encore tous les jours. Mais attention à ne pas tomber dans la bigorexie. Cela désigne les « personnes devenues dépendantes d’une pratique excessive du sport ». 15 % des personnes pratiquant un sport seraient touchées. Cette addiction est reconnue par l’OMS, c’est dire.

Le sport en entreprise peut avoir un autre travers : il peut avoir tendance à relancer l’esprit de compétition de certains, à rajouter de la frustration chez d’autres qui ne parviennent pas à accéder à leurs objectifs. Attention ainsi à ce qu’il n’aie pas l’effet inverse. Comme on dit, « entre trop et trop peu, est la juste mesure ».

En entreprise ou chez soi, le sport doit donc rester un plaisir, un instant de décompression sain pour l’esprit et le corps.

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