LinkedIn a du souci à se faire. Le réseau professionnel, racheté par Microsoft en 2016, a pour un temps réussi à évincer les concurrents directs comme Viadeo. Mais, aujourd’hui, de nouveaux acteurs se positionnent sur le secteur. Parmi eux, Shapr bien sûr et Ripple qui ont le mérite d’attirer l’attention. Mais les autres réseaux « historiques » ne sont pas en reste. Eux aussi tentent de venir grappiller un peu le marché du réseau professionnel, avec Facebook et Google en tête. Rien que ça !

Shapr et Ripple, quand l’amour fricote avec le business

Ce que certains reprochent à LinkedIn, c’est de ne pas amener les utilisateurs à dépasser le virtuel, pour rentrer dans le réel. Eh oui, ce n’est pas tout d’avoir 1000 contacts ou plus sur son profil, encore faut-il que cela amène à connaître les gens, au-delà d’une acceptation de mise en relation. C’est fort de ce constat que les fondateurs d’applications telles que Ripple et Shapr ont senti qu’il y avait une place à prendre. Ils sont donc partis des usages des utilisateurs, afin de leur proposer une application mobile facile d’utilisation, presque ludique, leur permettant de rentrer simplement en relation avec des acteurs du domaine souhaité, d’un simple glissement de doigt sur un écran smartphone.

Et pour eux, il en va en amour comme en affaires, puisque les fondateurs de ces deux applications ont choisi de développer leur réseau sur le modèle des sites de rencontres amoureuses, à la façon de Tinder. Pour les néophytes, cette application fait fureur (50 millions d’inscrits dans le monde) et permet de sélectionner facilement les profils les plus intéressants ou de zapper d’un simple geste, le « swipe », ceux qui ne rentrent pas dans nos préférences. C’est à ce moment qu’il est bon de préciser que Ripple a justement été conçu par les fondateurs de Tinder. Quant à Shapr, il faut se tourner vers Ludovic Huraux, le fondateur du site de rencontre Attractive World, pour en trouver l’origine. Pour l’un comme pour l’autre, il s’agit de faire tourner les algorithmes de rencontre amoureuse pour leur donner un nouvel objectif, le networking.

Au final, le but de ces applications est de se rencontrer pour un café, un déjeuner, un dîner… : à vous de préciser le temps que vous souhaitez y consacrer. L’objectif est bien de pousser à passer du virtuel au réel. Ripple et Shapr représentent donc une façon de réseauter plus directe, qui pousse aux rencontres business. De quoi aller au-delà d’un simple compteur de contacts sur LinkedIn. Mais si vous pouvez déjà tester Shapr, il faudra attendre encore pour Ripple, qui n’est disponible qu’aux États-Unis.

Google et Facebook se lancent dans le recrutement

La fonctionnalité de mise en relation entre contacts est bien connue sur LinkedIn, mais le réseau a d’autres cordes à son arc. La force de LinkedIn réside également dans les offres d’emplois qu’il diffuse. Il s’agit pour les services RH d’un outil de recrutement pertinent et efficace. Les personnes en recherche d’emploi peuvent quant à elles se tourner vers ce réseau pour trouver le job qu’il leur faut. Ni une, ni deux, dès 2017, Facebook et Google se sont dit qu’eux aussi pouvaient jouer à ce jeu-là et ont lancé chacun de leur côté une nouvelle fonctionnalité de mise en avant d’offres d’emplois.

Pour l’instant, du côté de Facebook, la fonctionnalité n’est disponible qu’aux États-Unis et au Canada, mais elle pourrait très bien être rapidement déployée en France. De quoi donner une autre source de revenus publicitaires au géant, puisque pour mettre les offres d’emploi en avant, il faudra bien sûr avancer quelques monnaies sonnantes et trébuchantes. Petit hic toutefois pour les candidats. Ils devront faire en sorte d’avoir un profil Facebook n’en dévoilant pas trop sur eux, et les présentant sous un jour pas trop perso, sans tomber dans le totalement pro. À chacun de faire son personal branding, au final.

Quant à Google, le géant a lancé Google Hire également en 2017, lorgnant de près sur les revenus de LinkedIn. Là aussi, les offres d’emplois devraient être au rendez-vous, et les professionnels du recrutement trouveront un nouvel outil pour échanger avec les candidats et dégoter les talents. La France n’est pas non plus concernée par cet outil toujours en test aux États-Unis. Toutefois, pour Facebook comme pour Google, la prise de marché s’organise.

 

Selon nous, LinkedIn n’a pas encore trop de soucis à se faire (voir notre article sur Fabienne Arata, business unit Talent chez LinkedIn France), mais le réseau a bien dû remarquer que d’autres géants du web voulaient une part du gâteau. Si LinkedIn n’est pas encore en perte de vitesse, loin de là, attention toutefois à bien prendre le virage des usages, en proposant une expérience utilisateur plus fluide et plus confortable, notamment sur smartphone. En effet, on lui reproche souvent sa prise en main opaque qui fait de lui un réseau dont il faut connaître les codes pour en découvrir tous les avantages. Dès lors, il peut rapidement devenir le Graal du networking.

Mais pour LinkedIn comme pour les autres outils, il ne faut pas oublier que le virtuel ne peut pas toujours remplacer le réel. Il s’agit pour eux de faciliter la prise de contact. N’attendez pas pour autant que les autres viennent vers vous, c’est à vous aussi d’aller vers eux. Et si les réseaux sociaux, ce n’est vraiment pas votre tasse de thé, n’oubliez pas qu’il existe également des réseaux, où il fait bon rendre un café, un déjeuner ou un petit verre à l’apéro, à l’image des réseaux comme BNI, Optimrezo ou encore ces nouveaux réseaux féminins, où il est possible de réseauter en toute convivialité.

Bonus – LinkedIn, un business modèle

Ce qui contribue également à la puissance de LinkedIn aujourd’hui, c’est aussi la capacité du réseau social à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Si l’objectif premier est de créer du lien entre les différents acteurs de l’entreprise, du collaborateur aux futurs talents, LinkedIn intervient à différents niveaux. Comme le rappelait Fabienne Arata lors d’un Leader Meet-Up chez Nextdoor, LinkedIn, c’est :

  • Des abonnements premium qui représentent 20 % du CA de la société
  • Des offres payantes destinées aux entreprises et qui représentent les 80 % restant du CA. Pour rappel, ces offres se répartissent de la façon suivante :
    • LinkedIn Talent Solution (pour le recrutement des Talents)
    • LinkedIn Marketing Solution (pour du contenu sponsorisé)
    • LinkedIn Sales Solution (pour du social selling)
    • LinkedIn Learning (pour les modules de formation)