Le financement participatif ou crowdfunding fait partie de la panoplie à disposition des créateurs d’entreprise pour lever des fonds. Face à ces derniers, un public qui souhaite donner, investir ou défiscaliser. Face à la multitude de solutions, l’une des difficultés est de choisir la plateforme à la hauteur de ses ambitions et moyens. Petit détour au pays du don en masse. 

Crowdfunding, donner pour donner

Plaçons-nous tout d’abord du côté de l’entrepreneur qui souhaite lever des fonds… Ici comme ailleurs, pas de miracle. Pour espérer intéresser les éventuels contributeurs, une chanson d’Enrico Macias ne sera pas suffisante (cf. Mendiant de l’amour). Il faut savoir démontrer aux donateurs/investisseurs que votre projet tient la route, qu’il s’agisse d’un projet solidaire, artistique ou tout simplement business.

 

Les leaders

On ne présente plus Ullule ou KissKissBankBank, les leaders du financement participatif en France. Ils sont nombreux désormais, ceux qui espèrent obtenir quelques fonds, grâce à une campagne sur leur plateforme. Et cela concerne tous les domaines, des projets solidaires aux projets artistiques ou écologiques, en passant par le développement de marques.

Selon l’observatoire BPI, le taux de succès pour les dons dans ce type de campagnes est de 44 %. Ce qui signifie qu’il ne suffit pas de créer une campagne sur ces plateformes pour espérer récolter des fonds. Il faut aussi savoir se vendre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il faut donner envie aux gens de donner. Pour cela, il est nécessaire de créer de la confiance, de démontrer que vous maitrisez votre sujet et qu’il ne s’agit pas de financer l’une de vos énièmes idées jamais abouties.

 

Des alternatives

Si Ullule et KissKissBankBank conviennent bien pour les campagnes de lancement d’entreprise ou de projet, il existe d’autres plateformes à l’image de Helloasso ou de Donation Factory, qui peuvent également faire sens. Avec elles, les commissions sont moindres, de quoi permettre aux détenteurs de projet de remporter plus d’argent.

De plus, pour ces dernières plateformes, les projets concernent des structures qui ont besoin de dons régulièrement, à l’image de la Vie en Bleu, association qui assure notamment une prise en charge d’enfants autistes. Dans les projets atypiques, on se souvient également de la campagne menée par le Panthéon, en 2013 déjà, pour la restauration de l’édifice. Sur un objectif de 5000 euros, c’est finalement plus de 68 000 euros qui avaient été collectés. On rentre ici dans un mécénat participatif, qui donne droit, en outre, à de la défiscalisation.

 

La bonne recette

Quel que soit le projet à financer (et même s’il relève de l’intérêt général), nous sommes tellement nombreux à avoir besoin de fonds qu’il faudra se démarquer.

Comment faire ? En préparant un explicatif proche du communiqué de presse clair, précis, permettant de comprendre de quoi il retourne, avec la dose de storytelling qu’il faut. C’est déjà la base.

Ensuite, si vous avez déjà une identité graphique, des visuels de qualité, et très gros plus, une vidéo qui présente votre projet, vous êtes dans la bonne direction. Attention toutefois, pour la vidéo, pas question de se filmer dans le noir, au fin fond de votre chambre en pyjama (sauf si vous vendez des pyjamas, et encore). Là aussi, la vidéo doit être un support de votre communication. Pour avoir des contenus qui tiennent la route, il vous faudra investir du temps ou de l’argent, avant même d’aller demander de l’argent aux autres.

Penser à la contrepartie proposée aux donateurs, car cela peut aussi déclencher le don. Elle peut être vue comme un premier achat de votre marchandise, quelle qu’elle soit.

Il faut également avoir des ambitions à la hauteur du possible. En effet, avec ces plateformes, si vous n’atteignez pas l’objectif fixé, vous pouvez dire bye bye à votre cagnotte. C’est un peu rageant. Il faut donc savoir cibler le juste prix.

Autre élément d’importance une fois la campagne effectuée. La partager. La puissance de ces campagnes de financement participatif réside également dans leur viralité. Aussi, n’hésitez pas à demander à vos proches, à vos cousins issus de Germains et aux voisins de vos voisins de partager votre campagne sur les réseaux sociaux. Au final, en plus de récolter un peu d’argent pour développer votre entreprise ou votre projet, vous aurez ainsi gagné en notoriété auprès d’une large communauté. Car oui, désormais, avec ces campagnes, il s’agit aussi de se faire connaître tout simplement, tout en remboursant les frais de communication.

Crowdfunding, donner pour recevoir

Et maintenant, parlons de ceux qui voudraient faire quelque chose de tangible avec une part de leur argent pour ne pas le laisser totalement s’évaporer dans les factures ou les courses… Les solutions de crowdfunding permettent en effet à tout à chacun de donner ou investir facilement et de rendre ses économies utiles.

Crowdlending, quand les particuliers remplacent la banque

Un autre type de financement participatif fait bouger les lignes de la levée de fonds en ce moment. C’est le prêt via particuliers. Ici, il n’est pas question de love money ou de dons désintéressés. Il s’agit de prêter à des sociétés parce que l’on croit dans le projet qu’elles veulent développer. En plus de soutenir les TPE et PME françaises, il devient possible de toucher des intérêts, de l’ordre de 3 à 10 % chez Lendopolis ou Lendix. Autant dire que l’on dépasse facilement le taux du livret A de ces derniers mois.

Toutefois, attention, car avec ce type de solution, le capital investi n’est pas garanti. L’idée, c’est un peu de faire de tout à chacun un business angel et de glaner également des bénéfices des entreprises, tout en leur permettant de croître. Bien sûr, dans ces cas-là, on préfère regarder les belles histoires, que les histoires qui finissent mal. Les plateformes comme Lendopolis ne proposent toutefois que des projets dont elles ont estimé les risques.

 

Investissez utile

Pour ceux qui ont toujours rêvé de devenir entrepreneurs, mais qui n’osent pas encore se lancer, il y a aussi l’investissement participatif. Vous pouvez devenir actionnaire d’une entreprise sans pour autant être son PDG et limiter les risques. En plus de soutenir la création et le développement d’entreprises, vous aurez la possibilité de bénéficier de défiscalisation. En effet, 25 % des sommes investies pourront être déduites de vos impôts. Bien sûr, en tant qu’actionnaire, vous aurez également accès aux dividendes, si l’entreprise en dégage. Il s’agit désormais d’une autre façon d’investir son argent tout en participant au développement de sociétés françaises. Si vous n’avez pas assez d’argent pour acheter des actions Google ou Apple, vous pouvez miser sur les entreprises de demain, par exemple avec Sowefund.

 

Crowdfunding et immobilier, cela peut rapporter gros ?

La pierre, cela peut rapporter gros, et même en crowdfunding. L’année 2017 a même marqué un vrai décollage avec plus de 100 millions d’euros collectés. « C’est un produit de placement atypique pour le grand public, souligne Jérémie Benmoussa, cofondateur de Fundimmo aux Échoset une source de financement alternative pour les promoteurs immobiliers qui rencontre aujourd’hui un franc succès. » Avec un rendement de 9,9 % en 2017, pour une durée moyenne de placement de 18 mois, il y a de quoi attirer les foules délaissant les autres produits financiers plutôt en berne. Toutefois comme ailleurs, en matière de crowdfunfing, rien n’est garanti. Il est important de bien choisir son projet, de se faire conseiller si possible et de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

 

Vous l’aurez compris, le crowdfunding ou financement participatif a quelque chose de magique. Du simple don sans arrière-pensée, juste pour aider, il peut devenir un outil de communication, un levier de financement intéressant pour les entreprises et une opportunité pour gagner de l’argent pour les donateurs/investisseurs. Alors, prêts à donner et à investir vos petites économies ? Prêts à emprunter en masse ?

[Dossier] Le B.A.-BA des levées de fond