Vague rumeur pour le commun des mortels, l’arrivée de la 5G agite les forums spécialisés depuis déjà quelques mois. Mais pourquoi passer à la 5G alors qu’on a déjà la 4G, et même la 4G+, qui marchent très bien ? Explications pour pouvoir briller à la pause déj.

Pas de répit pour les opérateurs téléphoniques ! Alors que la couverture 4G hexagonale est encore en progression, ils s’attèlent en parallèle à préparer l’arrivée de la 5G. Alors qu’on continue de nous vanter, à grand renfort de publicités waouh et d’arguments marketings bétons, les mérites de la 4G, on est en droit de se demander : à quoi va servir cette nouvelle « G » ?

Des objets connectés par billions

Avant de rentrer dans le détail, posons le contexte, ou plutôt le contexte futur. Dans son rapport annuel de la mobilité publié en 2016, Ericsson évaluait à 28 billions (oui, c’est bien un « b ») le nombre d’appareils connectés en circulation sur la planète d’ici à 2021, dont 16 billions (toujours un « b ») d’objets connectés utilisant l’Internet des objets. Et qui dit connectés dit réseau pour les relier, parce que sinon

Mais, et c’est là que le bât blesse, la capacité actuelle de nos réseaux est loin de pouvoir absorber cette croissance exponentielle. On estime que, d’ici à cinq ans, le volume de données transitant sur les réseaux sera 10 000 fois (oui, il y a bien quatre zéros) supérieur à celui d’aujourd’hui : forcément, les opérateurs télécom ne peuvent pas se permettre de rester les bras croisés.

Vers la 5e G-énération

Si certains (comme moi) n’avaient pas encore saisi la signification du G dans 2G, 3G, etc., sachez qu’il signifie « génération ». Évidemment.

La première génération de réseau mobile nous a permis de téléphoner en dehors de chez nous, et ça, c’était déjà très chouette. La deuxième a rimé avec la naissance des messages textes entre appareils, ce qui était très très chouette. La troisième a transformé l’usage de nos téléphones : on pouvait continuer d’appeler et textoter, et enfin naviguer sur Internet, où que l’on soit. À condition d’être un peu patient tout de même… La quatrième a amélioré le débit et la réactivité du réseau, nous permettant de regarder notre série préférée sur Nextflix dans le métro et d’envoyer des gifs à foison sur What’s app.

La cinquième, qui s’appuiera sur les acquis des précédentes, promet d’augmenter considérablement la vitesse de connexion et de navigation, permettant de partager des vidéos de chatons en 4K (et bientôt 8K). Elle va également étendre les capacités du réseau afin d’y connecter nos billions d’objets connectés sans tout faire capoter.

Les promesses de la 5G

La latence du réseau, expérimentée au quotidien par tous les mobinautes, dégrade l’expérience de navigation en mobilité, et fait que l’on privilégie dès que possible une connexion filaire ou wifi pour consulter des vidéos, passer des appels vidéo ou jouer à des jeux nécessitant une bonne réactivité.

Avec l’arrivée du réseau 5G, tout ceci appartiendra à la préhistoire de la téléphonie mobile. Cette nouvelle technologie offrira une connexion ultra performante, permettant de profiter d’une expérience similaire à une connexion filaire haut débit sur son appareil mobile. Et de pallier, en dehors des grandes agglomérations, au déploiement encore laborieux de la fibre.

Comment obtient-on ce résultat ? La clé de la technologie 5G se cache dans l’utilisation de fréquences plus élevées que celles utilisées aujourd’hui. Jusqu’ici, les bandes de fréquence utilisées se situaient en dessous de 6 GHz, tandis que la 5G utilisera un spectre allant de 30 à 300 GHZ, exploitant les ondes dites millimétriques. Cette nouvelle norme doit apporter trois améliorations majeures : passer au ultra haut débit, faire disparaître (ou presque) la latence, et accroître la densité du réseau pour autoriser un nombre massif de connexions simultanées.

Un réseau maousse costaud pour de nouveaux usages

Vous l’aurez compris, la 5G promet de révolutionner notre expérience de navigation en mobilité, avec un débit et des performances 50 fois supérieurs à celui de l’actuelle 4G, à en croire les chiffres annoncés par Verizon dès 2015. Orange table, plus modestement (et réalistement ? ) sur un débit dix fois plus rapide que la 4G.

Dans les deux cas, en plus de pouvoir désormais consulter des vidéos 360° ou des vidéos en réalité augmentée sur son mobile, cela ouvre de passionnantes perspectives business pour développer de nouveaux services utilisant des objets connectés.

Les voitures autonomes sont un bon exemple d’une industrie qui profitera directement de cette nouvelle technologie. Leur fiabilité est dépendante de leur connexion, la moindre interruption pouvant provoquer un accident : la 5G leur promet des performances suffisantes pour assurer un service de qualité. Maison connectée, smart parking, régulation du trafic en temps réel, e-santé, etc. autant de nouveaux usages qui pourront enfin prendre un essor réel en s’appuyant sur le réseau 5G. Sans oublier les nouveaux services et produits basés sur l’interactivité, qui restent à inventer en exploitant l’instantanéité offerte par cette technologie. Autant dire que la 5G préfigure une véritable révolution de l’économie et de notre quotidien.

Et elle arrive quand, cette 5G ?

C’est bien beau tout ça, mais maintenant qu’on a l’eau à la bouche, combien de temps devra-t-on attendre ?

Les fabricants de mobiles prévoient la mise à disposition de terminaux équipés de la 5G courant 2019, autorisant les opérateurs à commercialiser dans la foulée de premières offres. Entre temps, des tests à grande échelle seront menés. Les acteurs des télécommunications ayant ratifié un standard provisoire, le 5G-NR, l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) délivre désormais aux opérateurs des autorisations de fréquences pour développer des pilotes 5G. Des fréquences entre 3400 et 3800 MHz sont déjà disponibles à Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Le Havre, Saint-Étienne, Douai, Montpellier et Grenoble. Orange a annoncé couvrir au moins une grande ville française d’ici à fin 2019 en 5G, et prévoit une commercialisation progressive à partir de début 2020. Si tout va bien… !

D’ici là, si vous envisagez de changer de mobile, n’attendez pas la 5G pour le faire, la 4G n’a pas encore dit son dernier mot !

Article rédigé par Clémentine Garnier pour
Nextdoor, Business Humanizer