Dès les années 1950, le réalisateur Raymond Leboursier nous l’avait dit : la vie est un jeu. Ce titre raisonne de plus en plus aujourd’hui avec l’avènement de la gamification. Ce concept qui consiste à insuffler une dimension ludique au travail plaît à tous ceux qui « souffrent » du syndrome de Peter Pan. Que l’on soit adepte de pétanque ou gamer aguerri, le jeu est une réelle stratégie de développement pour une entreprise.

Avoir l’esprit d’équipe

De tout temps, le jeu a eu vocation à rassembler. Le sport en général apporte des valeurs et un esprit d’équipe. Ce sont ces deux composantes que l’on cherche à atteindre dans le jeu en entreprise. Jouer permet de créer du lien. En effet, en jouant, on obtient rapidement de la complicité, de la compétitivité, en bref : du lien social. Là est donc le premier objectif du jeu en entreprise, inciter au dialogue et à l’échange. De plus, le jeu efface les barrières hiérarchiques, car une fois dans le jeu, les gens oublient rapidement leurs statuts.

Voilà pourquoi il est courant désormais de proposer des jeux en accès libre, à utiliser sur son temps de pause entre collègues : console de jeu, babyfoot, ping-pong ou pétanque… les organisations ont assurément compris les vertus du jeu, qui a trouvé sa légitimité au sein de  l’entreprise.

Il est d’ailleurs devenu l’une des figures obligatoires ou presque des « team building ». Aujourd’hui largement démocratisé en entreprise, il est utilisé à la fois comme moyen d’intégration et comme levier pour connecter les équipes. On le retrouve notamment lors de séminaires d’intégration du nouveau personnel. Au sein même de l’entreprise, certains imaginent une sorte de chasse au trésor qui permet aux nouveaux employés de découvrir leur lieu de travail ainsi que leurs collaborateurs de manière ludique.

Level up !

Le temps où l’on apprenait en répétant une information en boucle est révolu. Aujourd’hui on apprend aussi en s’amusant. Une étude a prouvé que l’on apprenait mieux en jouant (et encore mieux si on y prend du plaisir). Et il paraît « évident » aujourd’hui que l’engagement des apprenants est plus grand face à un jeu vidéo que face à une encyclopédie. Cela vaut pour la formation professionnelle, mais pas seulement.

En entreprise, on peut utiliser le jeu sous plusieurs formes pour améliorer différentes capacités. Certains jeux privilégient le travail de groupe, qui représente la base du travail en entreprise. Ces derniers permettent non seulement de créer de la cohésion, mais aussi pour chacun d’identifier les forces et faiblesses de tous les participants (y compris les siennes). Besoin d’exemples ? Le logiciel de gestion de projets Wrike en propose quelques-uns par ici.

Une fois l’équipe soudée, on peut passer à la création. Pour cela, on retrouve des stratégies comme la méthode Lego serious play qui propose aux participants d’exprimer leurs idées à travers ces petits morceaux de plastique qui ont bercé l’enfance de plus d’un. Basé sur la rapidité et la spontanéité, ce procédé donne la parole aux mains. L’objectif ici est d’obtenir des concepts aussi variés qu’originaux.

Une fois un concept créé, il faut souvent le vendre et négocier. Et c’est là qu’interviennent des jeux de société pour lesquels il est nécessaire de négocier pour gagner une manche, puis la partie. Cette négociation « à blanc » permet aux joueurs de développer de la confiance en soi, la notion d’échec étant très relative dans ce contexte. L’utilisation de différentes formes de jeu crée chez les collaborateurs un sentiment d’accomplissement, de fierté, et d’appartenance à travers le prisme de l’esprit d’équipe.

X… Y… Z ?

On ne cesse de le lire et de l’entendre, les nouvelles générations ne veulent plus d’un format métro – boulot – dodo monotone. Le bien-être au travail est la nouvelle préoccupation de notre temps. En plus de cela, elles sont sur-connectées, et la frontière entre vie privée et professionnelle est parfois mince chez ces nouveaux acteurs du marché du travail.  Considérés comme des « digital natives », ils ont réussi à faire basculer la tendance : ce n’est plus à eux de s’adapter à l’entreprise, mais bien l’inverse. Les générations Y et Z ont grandi avec les jeux vidéo. Il est donc tout naturel pour eux d’utiliser cette part de leur culture dans leur travail.

Mais les autres actifs ne sont pas en reste, comme le prouve le cas de KPMG qui a proposé un jeu/QCM en ligne pour lequel chaque bonne réponse a fait avancer l’avatar du collaborateur vers la ligne d’arrivée. Basée sur le volontariat, l’expérience a montré que toutes les générations confondues se sont retrouvées sur cette course. L’aspect simpliste du concept et trop peu « gaming » du point de vue des jeunes a toutefois eu raison du projet. Ce dernier aura quand même prouvé que la gamification rassemble, qu’importe la génération ou le sexe.

Utiliser l’aspect fun, l’interaction et la récompense pour améliorer les performances d’une entreprise, c’est possible et ça fonctionne. À l’initiative de la direction ou des employés, chaque membre de la société peut en devenir le nouveau game master. Le temps d’une demi-journée, ou le temps d’une année, laissez-vous prendre au jeu, vous n’en ressortirez que plus performant. À vous de jouer !